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Ce texte a été publié dans le numéro de septembre 2004 du journal Réseaux.

Face aux enjeux liés notamment à la mondialisation, à la technologie et à la baisse démographique, les entreprises et les organismes québécois doivent plus que jamais hausser le niveau de qualification de leurs employés. Les adultes, pour leur part, veulent de plus en plus développer leurs compétences, sur le plan professionnel et personnel. S’appuyant sur la force et l’expertise des 48 établissements et des 30 centres de transfert de technologie du réseau collégial public, la formation continue au cégep constitue une réponse adaptée à l’ensemble de ces défis.

Martine Blache
Présidente de la Commission des affaires de la formation continue
Fédération des cégeps

Prenons une situation bien réelle : une entreprise recherche la main-d’oeuvre qualifiée qui lui permettra d’explorer de nouvelles avenues ou de devenir un chef de file dans un secteur en émergence. En consultant le cégep de sa région, elle constate qu’elle emploie déjà une bonne partie du personnel dont elle a un besoin urgent! En effet, accroître la formation ou favoriser le perfectionnement du personnel en place constitue souvent l’une des meilleures voies de solution. On gagne ainsi en productivité, en assignant des tâches différentes à des personnes qui possèdent déjà la culture de l’entreprise, et ces employés trouvent dans l’acquisition et la mise en pratique de nouvelles compétences une source renouvelée de motivation et de valorisation.

Les cégeps sont bien au fait de la réalité des entreprises de leur région et peuvent apporter des solutions. À travers leur service aux entreprises, ils offrent de plus en plus de formations sur mesure visant le perfectionnement et le recyclage des personnes en emploi ou en recherche d’emploi. En concertation avec les compagnies, ils identifient d’abord avec précision les besoins, en vue de déterminer les compétences à acquérir. Ils peuvent ensuite élaborer un plan de formation et proposer les services de formateurs spécialisés, reconnus comme des experts dans leur domaine d’intervention. La formation peut être donnée dans les locaux du collège ou encore sur les lieux du travail, pour faciliter l’intégration des connaissances et la maîtrise des savoir-faire. Séminaires, conférences, ateliers et formations de durée variable sont ainsi développés pour répondre de façon adéquate aux attentes des individus et des entreprises.

La mondialisation, les technologies de l’information et des communications, de même que le contexte démographique actuel qui rend plus complexe le renouvellement de la main-d’oeuvre, ont accentué la nécessité de recourir à la formation continue. L’adaptation de la main-d’oeuvre à de nouvelles tâches ou fonctions peut en effet, dans bien des cas, faire la différence entre une entreprise qui survit et celle qui se développe. En 2002, lors de la publication de sa Politique d’éducation des adultes et de formation continue, le gouvernement du Québec a souligné l’urgence de rehausser le niveau de qualification des adultes, y compris de ceux en emploi. Même si la compétence de la main-d’oeuvre québécoise est largement reconnue et recherchée, le Québec doit donc accroître ses efforts pour favoriser une plus grande participation des adultes à des activités de formation.

Les établissements du réseau collégial public sont fermement engagés dans cette voie de qualification du plus grand nombre possible d’adultes. Ils couvrent l’ensemble du territoire québécois et offrent une réponse adaptée, dans toutes les régions, aux besoins des individus et des entreprises. Que ce soit en technologie, en production manufacturière, en gestion financière, en gestion des ressources humaines ou dans d’autres domaines, les cégeps sont en mesure d’offrir des formations arrimées aux exigences actuelles de tous les secteurs d’activité économique. Des formations données par des experts au fait de la réalité des différents volets de l’industrie, possédant d’excellentes compétences pédagogiques et pouvant s’appuyer sur la vaste expertise disponible dans l’ensemble du réseau collégial public, y compris ses centres de transfert technologique.

Des formations bien arrimées aux besoins

La politique gouvernementale de formation continue le souligne, le développement culturel, social et économique du Québec est intimement lié à l’accessibilité pour tous au savoir et à l’acquisition de nouvelles compétences tout au long de la vie. Dans ce contexte, la formation continue créditée au collégial joue un rôle essentiel. Et pour cause : à travers les formations menant à une attestation d’études collégiales (AEC) ou à un diplôme d’études collégiales (DEC), les adultes haussent leur niveau de scolarité, augmentent leur employabilité et s’accomplissent en tant qu’individus.

Au fil des ans, les cégeps ont développé de multiples programmes d’AEC pour répondre aux attentes des entreprises. Environ 660 de ces programmes sont actuellement enregistrés au ministère de l’Éducation et peuvent être offerts dans l’un ou l’autre des établissements du réseau collégial public. Ces formations techniques courtes, élaborées en étroite collaboration avec les partenaires du marché du travail et mises sur pied rapidement, sont régulièrement évaluées, en fonction notamment du taux de placement des étudiants et de la satisfaction des employeurs. Ce processus d’évaluation a surtout pour objectif d’assurer l’arrimage entre la formation et les besoins en évolution des entreprises. Et l’objectif semble atteint, puisqu’en 2001-2002, le taux de placement des détenteurs d’une AEC était de 85 %!
Des programmes intensifs de DEC, qui ne comprennent que des cours spécifiques de formation technique, sont également offerts en formation continue au cégep, notamment aux adultes en recherche d’emploi ou de perfectionnement. Une quinzaine de programmes s’adressant aux personnes qui possèdent déjà une formation générale et souhaitent acquérir une formation qualifiante sont disponibles.

Reconnaissance des acquis et des compétences

Dénicher la main-d’oeuvre qui permette de demeurer compétitif, cela peut également vouloir dire faire appel à des personnes ayant déjà à leur actif une formation ou des expériences significatives de travail, mais pas nécessairement de diplôme qui atteste le chemin parcouru. Reconnaître les acquis et les compétences est également un défi en ce qui concerne les nouveaux arrivants, l’immigration étant l’une des réponses actuellement privilégiées pour répondre aux besoins en main-d’oeuvre qualifiée des entreprises québécoises. Les collèges sont outillés pour prendre en charge l’ensemble du processus de reconnaissance de ces acquis et compétences, et pour offrir, le cas échéant, la formation qui manque. Une fois cette formation acquise, la personne obtient une reconnaissance officielle, ce qui facilite ses démarches de recherche d’emploi ou lui procure le bagage nécessaire pour accéder à un poste plus qualifié dans l’entreprise. Et, parce que la reconnaissance des acquis est un levier important de la formation continue, mais également du renouvellement de la main-d’oeuvre au Québec, les cégeps innovent constamment afin de fournir de la formation à travers des modes d’apprentissage variés et de développer de nouveaux outils d’évaluation de ces compétences.

De la formation continue à distance et en ligne

La formation continue à distance a connu d’importants développements ces dernières années, avec les réalisations de Cégep@distance, un organisme créé en 1991 qui a connu depuis une croissance soutenue. Plus récemment, des collèges se sont regroupés pour former EduCollege.com et Le-formateur.com, en vue d’offrir de la formation en ligne axée sur les besoins de l’entreprise. À travers ces organismes, on propose aux adultes un accès plus flexible et plus simple à la formation continue, un accès qui leur permet souvent de mieux concilier travail, formation et vie familiale. Chaque personne qui s’inscrit à l’une de ces formations se voit assigner un formateur spécialisé qui agit comme tuteur et offre un encadrement souple et compétent. Une voie d’avenir pour faciliter l’acquisition de nouvelles compétences, notamment pour les adultes en régions éloignées.

Un secteur qui pourrait se développer davantage

Conscients des besoins grandissants qu’on peut observer sur le marché du travail et chez les individus, les collèges souhaitent développer davantage le secteur de la formation continue. Or, plusieurs obstacles nuisent actuellement à son expansion. Faute de financement gouvernemental adéquat, des centaines d’adultes sont en attente pour suivre une formation menant à une AEC, la formation à temps partiel ne peut s’accroître suffisamment et les services de reconnaissance des acquis attendent impatiemment d’avoir les ressources nécessaires pour assurer leur plein développement, compte tenu des besoins sans cesse croissants. Un comité d’experts sur le financement de la formation continue, formé par le gouvernement, a publié, en juin dernier, un rapport qui dresse un portrait fidèle de la situation, mais n’apporte que très peu de solutions pour faire tomber les obstacles.

Malgré ces difficultés, les collèges poursuivent chaque jour leurs efforts en vue d’assurer l’essor de la formation continue, une formation de grande qualité qui bénéficie aux entreprises comme à l’ensemble des Québécois et des Québécoises.

Pour en savoir plus sur les services offerts aux entreprises, consultez votre cégep.