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Cette lettre a été publiée dans le journal Le Soleil le 8 mai 2020.

Par Bernard Tremblay, président-directeur général, Fédération des cégeps

Alors que s’achèvera sous peu la session d’hiver 2020 dans les 48 cégeps du Québec, je veux exprimer toute mon admiration et remercier tous les membres de la communauté collégiale qui se sont dévoués pour poursuivre les cours dans des conditions difficiles, qui demandaient une forte détermination et une grande capacité d’adaptation.

Pendant que nos bâtiments étaient physiquement inaccessibles et que le Québec se mettait sur pause, l’accessibilité aux études collégiales, elle, aura été maintenue, grâce à la volonté et à la créativité de ces femmes et de ces hommes qui ont agi pour éviter qu’une pandémie, aussi envahissante soit-elle, n’hypothèque l’avenir scolaire et professionnel des jeunes.

Dans l’espace public, peu de cas aura cependant été fait de cette agilité dont ont fait preuve le personnel enseignant, le personnel professionnel et de soutien, les gestionnaires et les étudiants eux-mêmes pour rendre possible la poursuite de cette session au cégep. De généreuses félicitations seraient pourtant de mise, surtout lorsqu’on sait que rien n’aura été facile dans ce virage vers l’enseignement à distance. Les cégeps sont de petits établissements disséminés sur l’ensemble du territoire québécois, qui offrent 9 programmes préuniversitaires et 133 programmes techniques, qui n’ont pas les capacités dont disposent les universités et les établissements des niveaux primaire et secondaire, et qui, au moment de la fermeture forcée de leurs bâtiments, étaient moins avancés dans la matière à enseigner que les établissements des autres réseaux, en raison du début plus tardif de la session collégial, en janvier.

Malgré toutes ces difficultés, auxquelles sont venues s’ajouter notamment des complications réglementaires et une interdiction d’accéder aux bâtiments afin d’y récupérer des effets essentiels à l’enseignement ou à l’apprentissage, les enseignantes et les enseignants ont rapidement adapté leurs cours pour les offrir avec divers moyens, à partir de la maison, avec ce que cela comporte de contraintes. Des membres du personnel professionnel ont accompagné les enseignants dans leur utilisation de nouveaux modes d’enseignement, souvent basés sur l’intégration des technologies. Des psychologues ont veillé sur la bonne santé mentale des étudiants. Du personnel de soutien a pris en charge la sécurité sanitaire des établissements et maintenu les opérations administratives essentielles, et les gestionnaires ont œuvré à organiser ce virage imprévu. Et les étudiants, eux, ont été tout aussi extraordinaires dans leur volonté de terminer cette session, en répondant aux nouvelles exigences d’apprentissage alors que tout aurait pu les éloigner de leurs études. Ces jeunes qui représentent l’avenir du Québec, auront bientôt complété leur session et pourront poursuivre leur cheminement à l’université, intégrer le marché du travail ou revenir au cégep l’automne prochain pour compléter leur programme, grâce au soutien indéfectible d’une communauté vouée entièrement à la poursuite de la mission d’enseignement des cégeps. Et que dire des enseignants et des étudiants des programmes du domaine de la santé, tels que Soins infirmiers, Inhalothérapie ou Soins préhospitaliers d’urgence, qui se sont rapidement portés volontaires afin de servir dans les CHSLD tout en poursuivant leurs activités d’enseignement ou d’apprentissage?

L’ensemble de ces personnes méritent notre reconnaissance collective, car elles préparent notre avenir à tous. Elles peuvent être fières d’avoir accompli leur mission, mais leur tâche est cependant loin d’être terminée. La session d’automne 2020 dans les cégeps devra avoir lieu sans qu’on ait pour l’instant de garantie de retour sur nos campus.

Les défis sont nombreux et personne dans les communautés collégiales ne peut prendre appui sur des acquis. Il faudra tout repenser en fonction de l’évolution de la situation, afin que les cégeps puissent mener jusqu’à la réussite tous les jeunes dont le Québec aura tant besoin au cours des prochaines années, car le contexte actuel nous fait vite oublier que les besoins de main-d’œuvre demeureront des enjeux centraux considérant le vieillissement prononcé de la population québécoise.

Dans le contexte de la présente crise, il est important de saluer les efforts collectifs des Québécois, mais permettez-moi de saluer avec respect le travail acharné du personnel et des étudiants des cégeps qui maintiennent le cap dans cette tempête. Plus que jamais, le Québec a besoin de ses 48 cégeps qui contribuent toujours au progrès de notre société en donnant accès en pleine égalité à l’enseignement supérieur dans toutes les régions du Québec.