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Priorités de la Fédération des cégeps pour 2022-2023

Montréal, le 26 août 2022 — À l’occasion de la rentrée scolaire dans les 48 établissements publics du réseau collégial, la Fédération des cégeps a présenté aujourd’hui les principaux éléments de la vision qui guidera ses actions et représentations au cours de la prochaine année, en lien avec les préoccupations des établissements qu’elle représente et les enjeux auxquels font face le Québec et sa population.

Soutenir la communauté collégiale

Même si les cours se donnent en présence dans les cégeps pour une deuxième rentrée consécutive, la Fédération a d’entrée de jeu précisé qu’il faut se rappeler que des effets de la pandémie sont actuellement observables tant chez les étudiantes et les étudiants qui fréquentaient déjà le cégep que chez ceux et celles qui arrivent du secondaire, ainsi qu’au sein du personnel des établissements. Les activités d’enseignement et l’offre de services dans les cégeps, notamment, devront par conséquent tenir compte de cette réalité au cours de la prochaine année, tout comme du fait que, malgré son évolution, la pandémie demande toujours une vigilance et une gestion des absences qui perturbent le fonctionnement normal des collèges.

« Si, comme société, nous nous habituons à vivre avec la COVID-19, nous ne pouvons pas faire fi des effets de la pandémie sur la capacité d’apprendre des jeunes et sur leur santé mentale. Ces jeunes vont demander une attention particulière de la part des membres du personnel des cégeps, eux-mêmes affectés par la crise sanitaire et les ajustements que celle-ci est venue imposer dans leur travail. On peut aussi ajouter aux éléments de cette toile de fond l’inflation qui affecte le pouvoir d’achat des étudiantes et des étudiants ou encore les problèmes de logement que vivent certains. Tous ces facteurs, pris ensemble ou séparément, ne facilitent ni l’attraction des jeunes vers les études, ni leur persévérance scolaire, ni leur capacité à se concentrer sur la réussite de leurs cours. Les cégeps et leur personnel devront donc redoubler d’efforts à nouveau cette année pour s’assurer que les jeunes poursuivent et réussissent leurs études. J’en profite d’ailleurs pour saluer la volonté avec laquelle toute la communauté collégiale travaille sans relâche pour maintenir la qualité et l’accessibilité qui ont toujours caractérisé l’enseignement et les services donnés dans les cégeps », a indiqué le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Bernard Tremblay.

Comme le Québec doit relever d’immenses défis en matière de qualification, la Fédération considère que tout doit être mis en œuvre pour favoriser la poursuite d’études supérieures chez les jeunes, mais aussi qu’il s’agit d’une responsabilité qui incombe à tous les réseaux de l’éducation, au gouvernement, à la population en général, ainsi qu’aux employeurs, qu’elle invite à agir de manière que des jeunes qui ont la capacité de faire des études ne soient pas tentés de les abandonner avant d’avoir obtenu leur diplôme, compromettant ainsi leur avenir.

Valoriser l’enseignement supérieur et miser davantage sur les cégeps

Au cours de la prochaine année, la Fédération des cégeps fera par ailleurs valoir l’importance de mieux valoriser l’enseignement supérieur, en particulier dans un monde complexe en transformation rapide où les compétences transmises à ce niveau d’enseignement sont toujours plus recherchées, un monde dans lequel une formation générale de niveau collégial permet aux personnes de mieux appréhender les multiples enjeux sociétaux, en développant une pensée critique ainsi que des compétences citoyennes, qui sont des facteurs de cohésion sociale qui aident également les individus à participer activement aux débats au sein de la société québécoise.

Dans la même optique, la Fédération rappellera que le Québec doit miser davantage sur les cégeps, notamment en les rendant encore plus accessibles et en leur permettant de répondre avec souplesse à l’ensemble des besoins des jeunes et des adultes, partout sur le territoire.

« Pour plusieurs observateurs avisés de notre société, le Québec a produit deux grandes innovations sociales : les cégeps et les centres de la petite enfance. Ces innovations ont changé la vie de millions de personnes, notamment celle des femmes qui ont profité de la première pour enfin accéder à l’enseignement supérieur et de la seconde pour intégrer en plus grand nombre le marché du travail. Les cégeps, ces institutions que nous avons mises sur pied et améliorées constamment au cours des 55 dernières années, demeurent de puissants leviers de développement social et économique. Pour mieux préparer notre avenir collectif, en assurant le développement des individus, miser davantage sur cette innovation qu’est le réseau collégial public et ses quelque cent points de services bien implantés dans leur milieu demeure un choix intelligent », a indiqué M. Tremblay.

Qualifier davantage de jeunes

Miser davantage sur les cégeps, c’est d’abord, pour la Fédération, tout déployer pour que les 48 établissements publics du réseau collégial puissent accueillir un plus grand nombre de jeunes. Dans cet objectif, il faut, en premier lieu, tenir collectivement un même discours visant à encourager ces derniers à acquérir une formation complète, qualifiante et adaptée aux besoins d’une économie en transformation, qui constituera leur passeport vers une vie personnelle et professionnelle satisfaisante et stimulante, estime-t-elle.

La pandémie a démontré que ce sont les personnes les moins qualifiées qui sont les plus susceptibles de perdre leur emploi lors d’une crise sanitaire, ce qui est également vrai en cas de crise économique. Par conséquent, même si le marché du travail a rarement offert autant de possibilités d’emploi et que les entreprises et organisations doivent composer avec un manque criant de personnel, les jeunes ne doivent pas tomber dans le piège de l’emploi exigeant peu de qualifications afin de toucher rapidement un salaire plutôt que de terminer une véritable formation qui les mènera vers un poste plus satisfaisant à long terme. Ce faisant, en plus d’acquérir une formation générale leur permettant de mieux vivre leur vie citoyenne, ils se protègeront pour l’avenir en s’assurant des perspectives d’emploi plus intéressantes et plus durables. En suivant une telle voie, ils seront en position de répondre aux exigences grandissantes du marché du travail tout en étant aptes à se former de façon continue pour maintenir à jour leur bagage de compétences tout au long de leur vie professionnelle, a indiqué la Fédération.

Dans la perspective de permettre à une plus forte proportion de jeunes de bénéficier d’une formation de qualité à l’enseignement supérieur, la Fédération entend continuer à faire valoir la nécessité d’augmenter le nombre de personnes diplômées du secondaire qui s’inscrivent directement au collégial, mais également soutenir les jeunes qui sont déjà au collégial, à travers la mise en œuvre des mesures destinées à favoriser la réussite scolaire de la population étudiante des cégeps, des mesures issues des plans lancés récemment par le ministère de l’Enseignement supérieur et par les établissements du réseau collégial eux-mêmes. Cette année, les cégeps voudront assurément axer davantage leurs efforts en matière de soutien à la réussite sur la transition entre le secondaire et le collégial en raison des effets de la pandémie sur les jeunes qui fréquentaient le secondaire au plus fort de la pandémie. Ils seront également particulièrement actifs auprès des jeunes qui présentaient une moyenne générale plus faible au secondaire, ainsi qu’auprès des garçons dont le taux de réussite au cégep est généralement moindre que celui des filles. Les étudiants et les étudiantes présentant des besoins particuliers et les personnes en situation de handicap qui fréquentent le cégep feront également l’objet d’une attention particulière.

Mener un plus grand nombre de jeunes aux portes des cégeps passe aussi par l’adoption de mesures permettant de les rendre plus attractifs auprès de la population, à travers une offre mieux adaptée à leurs besoins. À cet égard, la Fédération profitera de la campagne électorale qui s’amorcera sous peu au Québec pour rappeler qu’on pourrait augmenter la vitalité et l’attractivité des cégeps dans toutes les régions à travers différentes mesures touchant notamment les programmes d’études et leur durée, la modernisation des campus et des résidences étudiantes, et en favorisant le bien-être sur les campus.

À titre d’exemples, les cégeps pourraient assurément mieux s’arrimer aux attentes des jeunes, des adultes et des acteurs économiques s’ils pouvaient compter sur une accélération de la révision et de l’élaboration de leurs programmes d’études en adéquation avec le marché du travail ou encore moduler le format de certains programmes. Une plus grande valorisation des diplômes d’études collégiales (DEC) à l’échelle de la société, et en particulier de ceux décernés au terme d’une formation technique, notamment dans le domaine de la santé et des services sociaux, aurait également un effet stimulant sur les inscriptions au cégep, selon la Fédération. Dans le même esprit, accroître l’attractivité des passerelles DEP-DEC, DEP-AEC ou DEC-BAC auprès des jeunes et des adultes pourrait également rapprocher davantage de personnes des études collégiales.

Accroître le rôle des cégeps en matière d’immigration

La Fédération des cégeps considère depuis toujours que l’accueil d’étudiantes et d’étudiants internationaux constitue une richesse, tant pour les établissements du réseau collégial public — en particulier en région où le maintien de certains programmes serait autrement menacé par le nombre insuffisant d’inscriptions —, que pour l’apport culturel riche que représentent ces étudiants et étudiantes au sein de leur communauté d’accueil, ainsi que pour le Québec dans son ensemble. Sans oublier que plusieurs d’entre eux et d’entre elles choisissent de faire leur vie au Québec une fois leurs études terminées, grossissant ainsi le bassin de main-d’œuvre qualifiée disponible.

Afin d’attirer davantage d’étudiantes et d’étudiants internationaux, la Fédération proposera que le gouvernement travaille encore plus étroitement avec les cégeps pour se doter d’une stratégie concertée de promotion de l’enseignement supérieur à l’international. Il est primordial que le gouvernement travaille main dans la main avec les établissements d’enseignement. L’importance d’intensifier les actions de promotion à l’international, notamment en faisant mieux connaître la réalité des cégeps, le DEC et le Québec comme destination d’études, sera également mise de l’avant.

Au-delà de l’accueil en plus grand nombre et de l’intégration de jeunes de l’international dans le réseau collégial, la Fédération entend faire valoir le rôle central que pourraient aussi jouer les cégeps en matière d’intégration des personnes immigrantes et de régionalisation de l’immigration. Les cégeps souhaiteraient par exemple voir s’accroître leur capacité d’intervenir dans la reconnaissance des qualifications de ces personnes et avoir la possibilité d’agir davantage en matière de francisation des personnes immigrantes.

Mieux soutenir le rehaussement des compétences et les transitions de carrière

Estimant que les personnes en emploi représentent une solution aux pénuries de main-d’œuvre trop souvent négligée, la Fédération voudra par ailleurs rappeler que les travailleurs et les travailleuses qui occupent actuellement un emploi n’ont pas accès à un mécanisme efficace pour rehausser leurs compétences ou effectuer une transition de carrière en se requalifiant à temps partiel.

Selon la Fédération, cet enjeu doit faire l’objet d’un projet de société auquel les cégeps pourraient contribuer, dans la mesure notamment où sera faite la promotion du rôle de la formation continue qualifiante offerte au sein du réseau collégial dans le rehaussement du niveau de vie et de la productivité, et dans l’acquisition des compétences du futur.

Une stratégie visant le rehaussement et la requalification des travailleuses et travailleurs par le soutien à la formation à temps partiel et des initiatives de soutien direct aux personnes qui souhaitent se requalifier devraient aussi être déployées. Il faudrait également, de manière plus générale, axer les stratégies de développement économique autour du développement des compétences des personnes et de l’accessibilité à la formation, croit la Fédération. Les cégeps pourraient, par ailleurs, augmenter leur capacité à offrir aux petites et moyennes entreprises un accompagnement pour préparer leurs équipes à relever les nouveaux défis du marché du travail.

Enfin, la Fédération des cégeps fera connaître, tout au long de la prochaine année, la réalité, les besoins et les possibilités de développement de tous ses membres, en lien avec les enjeux de société actuels et futurs, et dans une perspective d’occupation du territoire et de vitalité socioéconomique de toutes les régions du Québec.

La Fédération des cégeps est le regroupement volontaire des 48 collèges publics du Québec. Elle a été créée en 1969 dans le but de promouvoir le développement de la formation collégiale et des cégeps. Elle agit comme porte-parole officiel et lieu de concertation des cégeps, à qui elle offre des services en matière de pédagogie, d’affaires étudiantes, d’affaires internationales, de formation continue et de formation aux entreprises, de financement, de recherche, de ressources humaines, d’évaluation de la scolarité, d’affaires juridiques, de ressources informationnelles, de négociation et de relations du travail. La Fédération des cégeps représente les collèges pour la négociation des conventions collectives.

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RENSEIGNEMENTS :

Judith Laurier

Directrice des communications

Fédération des cégeps

514 381-8631 poste 2337 ; cellulaire : 514 239-2088

Twitter : @fedecegeps