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Commission parlementaire sur la qualité, l’accessibilité et le financement des universités

Les universités et les collèges doivent travailler davantage ensemble

Montréal, le 16 mars 2004 – Les universités et les collèges doivent travailler en collaboration plus étroite afin de mieux répondre aux besoins de formation supérieure des Québécois et des Québécoises. C’est ce que fera valoir la Fédération des cégeps cet après-midi, à l’occasion de son passage à la commission parlementaire sur la qualité, l’accessibilité et le financement des universités.

Selon le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Gaëtan Boucher : « Au Québec, l’enseignement supérieur est constitué de deux forces complémentaires, les universités et les cégeps. Plus nous agirons ensemble, plus nous harmoniserons nos programmes et nos approches au lieu de les dédoubler, et mieux les ressources financières qui nous sont allouées seront utilisées. Avec les économies ainsi réalisées, on pourra améliorer l’accessibilité et la qualité de l’enseignement supérieur dans toutes les régions ».

Une plus grande accessibilité

En vue de maintenir et même d’accroître l’accessibilité aux études supérieures, la Fédération recommande que soient sérieusement examinés les modes de collaboration qui permettent aux collèges dans d’autres systèmes, par exemple en Alberta, d’offrir de la formation universitaire de premier cycle. Profitable aux régions éloignées notamment, cette nouvelle collaboration aurait pour effet d’ouvrir plus largement l’enseignement universitaire à la population québécoise. La Fédération recommande également que soit envisagée la possibilité d’autoriser les collèges à offrir des programmes technologiques de pointe conduisant à des Applied Degrees. Cette formule, qui existe en Ontario et en Alberta entre autres, permet aux collèges de répondre aux besoins de formation dans des secteurs où les exigences du marché du travail sont particulièrement élevées et où les programmes universitaires sont inexistants.

Une collaboration accrue dans toutes les régions

Il existe un lien étroit entre l’enseignement supérieur et la santé socioéconomique d’une région. L’enseignement supérieur constitue en effet le pôle d’expertise, de connaissances et d’excellence autour duquel peuvent s’articuler tous les projets de développement. Parmi les recommandations qui visent à maintenir une offre de formation diversifiée en dépit du déclin démographique, notamment, la Fédération propose que des créneaux d’excellence soient développés et que des ressources soient partagées et regroupées à tous les ordres d’enseignement. Les cégeps et les universités, qu’ils soient situés en région ou en centre urbain, doivent concevoir conjointement leur propre développement et celui de leur milieu. La Fédération recommande également qu’en matière de recherche, un domaine stratégique s’il en est, les deux réseaux se considèrent comme partenaires d’un seul et même système d’innovation.

Un arrimage pédagogique plus serré

La formation préuniversitaire offerte au cégep doit être la première étape d’un parcours de cinq ans conduisant à l’obtention du baccalauréat. Les programmes préuniversitaires sont élaborés et révisés conjointement avec les universités mais ce n’est pas le cas pour les programmes de baccalauréat, qui sont définis par chaque université sans que les collèges soient consultés. Dans le meilleur intérêt de l’étudiant, les universités doivent associer les cégeps à la définition de tous leurs programmes de premier cycle, en commençant par Sciences humaines, où des efforts importants d’arrimage restent à faire.

Toujours dans la perspective d’éviter des dédoublements coûteux, un mécanisme de concertation doit être mis en place très rapidement afin de dresser un portrait exhaustif de l’offre de formation continue dans les cégeps et les universités, et de proposer des pistes de rationalisation dans le respect des zones de responsabilité de chaque réseau. Les modes de financement de la formation courte dans les cégeps et les universités doivent également être harmonisés.

Sur la question de la réussite scolaire, à laquelle les cégeps attachent beaucoup d’importance, la Fédération propose que chaque niveau d’enseignement se dote d’indicateurs fiables, mis à jour chaque année et accessibles à la population. Il faut accroître l’accès au diplôme collégial et au diplôme universitaire en redoublant d’efforts, depuis le secondaire jusqu’à l’université, pour valoriser ces diplômes et la réussite des étudiants.

Par ailleurs, la Fédération appuie les demandes des universités relatives à la déréglementation des droits de scolarité des étudiants étrangers. Elle s’attend d’ailleurs à ce que la solution retenue pour le réseau universitaire serve de base aux discussions avec le réseau collégial.

Un meilleur financement

Il ne fait aucun doute qu’il existe au Québec un véritable problème de financement de l’enseignement supérieur. Les réseaux doivent être mieux financés et cette responsabilité incombe d’abord et avant tout à l’État. Si celuici n’était plus en mesure de remplir cette obligation et que des solutions nouvelles devaient être envisagées pour combler le manque à gagner, il lui appartiendrait d’en faire la démonstration et de mettre des solutions de l’avant afin qu’elles soient débattues. Pour le moment, cette démonstration n’a pas été faite.

Au-delà des solutions nouvelles qui pourraient être explorées, il est clair que des économies pourraient être réalisées à travers une gestion plus efficiente des ressources consacrées à l’enseignement supérieur, axée sur un arrimage plus poussé entre les universités et les collèges.

Par ailleurs, le gouvernement fédéral a annoncé en février dernier qu’il comptait bonifier le programme d’aide financière aux étudiants. Si cette nouvelle se concrétisait dans le prochain budget fédéral, le même type de règlement que celui intervenu entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral dans le cadre des Bourses du millénaire devrait s’appliquer. Le poids financier du réseau collégial public québécois, qui représente 22,7 % de l’aide financière totale accordée au Québec dans le cadre de ce programme, devrait donc être pris en compte.

Une réflexion en deux temps

Pour la Fédération des cégeps, la commission parlementaire sur les universités est la première partie d’une réflexion collective d’ensemble sur l’évolution de l’enseignement supérieur au Québec. Les débats se poursuivront ce printemps à l’occasion du forum collégial. « À notre avis, toute orientation, qu’elle soit issue de cette commission parlementaire ou du forum collégial, doit s’appuyer sur une vision vraiment novatrice de l’enseignement supérieur, qui conjugue résolument les forces de ses deux réseaux plutôt que de laisser chacune agir isolément », a indiqué M. Gaëtan Boucher. Cette perspective inspire l’ensemble du mémoire de la Fédération, qui comporte 23 recommandations au total.

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Source : Caroline Tessier
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