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Confirmation de nouvelles compressions en éducation : la Fédération des cégeps demande une rencontre au ministre de l’Éducation

Montréal, le 5 février 2001 – La Fédération des cégeps est extrêmement inquiète de ce que les rumeurs de nouvelles compressions très importantes dans l’éducation, de l’ordre de 400 millions, semblent confirmées par la suspension de la signature des contrats de performance avec les universités, qui a été annoncée ce week-end. La déclaration du ministre de l’Éducation, M. François Legault, sur les « choix inconciliables » que le gouvernement pourrait devoir faire entre la santé et l’éducation est également très alarmante.

De nouvelles compressions sont absolument inconcevables pour le réseau collégial public et c’est ce que le président-directeur général de la Fédération, M. Gaëtan Boucher, a déjà exprimé dans une lettre adressée il y a quelques jours au ministre de l’Éducation, qu’elle rend publique aujourd’hui. La Fédération souhaite rencontrer le ministre au plus vite afin d’obtenir des éclaircissements et de se voir confirmer que le gouvernement a bien l’intention de remplir les engagements qu’il a pris il y a tout juste un an au Sommet du Québec et de la Jeunesse.

Lettre adressée au ministre de l’Éducation, Monsieur François Legault, par le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Gaëtan Boucher, le 29 janvier 2001 :

Monsieur le Ministre,

La possibilité que les collèges subissent de nouvelles compressions budgétaires, alors qu’ils ne se sont pas encore remis des coupures sévères qui les ont affectés au cours des dernières années, a provoqué dans le réseau collégial stupeur et inquiétude. En effet, pour absorber à eux seuls 265 millions de compressions entre 1993 et 1999, les collèges ont été obligés de réduire considérablement des services aussi essentiels en éducation que les services d’orientation, d’aide pédagogique, de bibliothèque, de placement, et de couper le matériel pédagogique et de laboratoire. Encore en 2000-2001, afin de maintenir une qualité de services, plus de la moitié d’entre eux ont également dû se résoudre à déposer des prévisions budgétaires déficitaires malgré le début de réinvestissement. Les collèges ont donc toutes les raisons d’être alarmés.

Il nous semblerait totalement inconcevable, après les engagements du Sommet du Québec et de la jeunesse, ceux du Parti québécois et ceux du budget 2000-2001 du gouvernement du Québec, que le réseau collégial se retrouve dans une situation où il doive envisager une nouvelle détérioration d’un environnement éducatif qu’il commence à peine à rétablir. Comment, en effet, comprendre un tel retour en arrière, alors que tous les partenaires du Sommet se sont exprimés sur l’urgence de replacer l’éducation au cœur des priorités collectives du Québec? Que le Parti québécois a recommandé, lors de son congrès national en mai 2000, de fournir au réseau collégial le financement adéquat pour que le maximum de jeunes Québécois et Québécoises puissent accéder au cégep? Et surtout que le gouvernement s’est engagé à réinvestir 1 milliard de dollars dans les trois réseaux d’ici la fin de son mandat et à assumer les coûts de système?

Quand il a pris cet engagement, le gouvernement a reconnu en toute connaissance de cause la nécessité de réinvestir dans les réseaux d’éducation pour qu’ils soient en mesure de répondre aux attentes de la société québécoise et de qualifier 100 % de jeunes. Pour le réseau collégial, en particulier, le réinvestissement de 20 millions prévu en 2001-2002, qui s’ajoutent aux 20 millions du budget 2000-2001, doit répondre à des besoins prioritaires : augmenter la réussite — à l’aide, notamment, des plans de réussite auxquels les collèges travaillent depuis plusieurs mois déjà —, offrir un meilleur encadrement aux étudiants, faciliter leur orientation professionnelle, augmenter le nombre de stages et l’offre de formation technique. Rien de superflu, donc, dans les budgets annoncés, seulement le nécessaire, pour que les collèges puissent commencer à mettre en œuvre les mesures les plus urgentes. Or, s’il s’avérait, comme il semblerait qu’il en soit question actuellement, que le gouvernement refuse d’assumer les coûts de système, le réinvestissement promis pour 2001-2002 serait à toutes fins utiles effacé : on reprendrait d’une main ce qu’on s’est engagé à donner de l’autre.

Les collèges commencent tout juste à restaurer leurs services et s’ils ont considéré le réinvestissement annoncé dans le dernier budget comme un premier pas dans la bonne direction, ils ont estimé cependant être encore loin du compte. Il leur faudra beaucoup plus pour, entre autres, développer de nouveaux programmes, mettre à jour les équipements et les laboratoires, amener plus de jeunes à obtenir leur diplôme, contribuer à la recherche et à l’innovation, répondre aux besoins criants du Québec en personnel scientifique et technique et en formation de la main-d’œuvre, bref, créer un environnement éducatif vraiment propice à la réussite. L’éventualité de nouvelles compressions qui viendraient annuler tout ce qu’ils ont recommencé à mettre en œuvre est tout simplement inacceptable.

Sachant votre grande préoccupation envers l’avenir des jeunes et leur réussite et votre volonté de faire de l’éducation la priorité de tous les Québécois, je suis persuadé, Monsieur le Ministre, que vous ne sauriez vous-même envisager une telle éventualité. Je souhaiterais donc vous rencontrer le plus rapidement possible pour échanger avec vous sur la situation.

En attendant votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Le président-directeur général,
Gaëtan Boucher

– 30 –
Source : Viviane Fiedos
Téléphone : (514) 381-8631
Cellulaire : (514) 953-5983
vfie@fedecegeps.qc.ca