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Dépôt des offres patronales aux fédérations syndicales du réseau collégial

L’organisation pédagogique a profondément changé dans les collèges et l’organisation du travail doit se transformer elle aussi, affirme la Fédération des cégeps

Montréal, le 5 février 1999 – « C’est avec de nouvelles conventions collectives que nous allons franchir les années 2000 et que nous devrons répondre aux nouveaux besoins des jeunes, des adultes et du marché de l’emploi : comme nous l’avons fait pour l’organisation pédagogique, nous devons moderniser l’organisation du travail dans les collèges. Nous abordons cette négociation en éducateurs soucieux de la qualité et du développement de l’enseignement collégial ».

C’est ainsi que le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Gaëtan Boucher, a présenté ce matin, lors d’une conférence de presse, les enjeux des négociations qui viennent tout juste de s’enclencher avec le personnel des collèges. Les offres patronales ont été déposées hier et ce matin auprès de l’ensemble des fédérations syndicales du réseau collégial public par l’équipe patronale de négociation des collèges, qui regroupe la Fédération des cégeps et le ministère de l’Éducation. Ces offres ne concernent ni les demandes salariales, ni les régimes de retraite, ni d’autres objets qui sont négociés directement avec le Conseil du trésor. « Mais ce rendez-vous avec nos partenaires syndicaux, le premier depuis dix ans, est extrêmement important pour nous », a ajouté M. Boucher.

Ouverture, flexibilité et polyvalence, comme dans les programmes

L’enseignement collégial s’est transformé en profondeur depuis 1993 et les collèges assument aujourd’hui un très grand nombre de responsabilités sur le plan pédagogique. Cela leur a permis d’offrir une formation plus exigeante, en lien plus direct avec le marché du travail et avec les universités. « Nous devons pouvoir assumer pleinement ces responsabilités, en instaurant dans l’organisation du travail autant d’ouverture, de flexibilité et de polyvalence que nous cherchons à en développer chez nos étudiants à travers la formation », a affirmé le président-directeur général de la Fédération des cégeps.

Le chemin est déjà tracé. Au cours des dernières années, chaque établissement a développé, en collaboration avec son personnel, des pratiques différentes en matière de gestion de programme, conformes aux besoins et aux attentes de sa population étudiante et de son milieu socioéconomique. « Il ne faudrait surtout pas revenir en arrière en fixant dans des textes ces nouvelles manières de procéder, ce qui priverait les collèges de toute initiative locale. La gestion des programmes, cela ne doit pas aller dans les conventions collectives, c’est clair », a affirmé le président-directeur général de la Fédération des cégeps.

Bien plus, la Fédération souhaiterait que les collèges puissent négocier des ententes locales avec leur personnel sur un plus grand nombre d’objets que ce qui est possible actuellement. Et qu’ils puissent aménager localement, avec l’assentiment de leur personnel, certaines dispositions nationales prévues dans les conventions collectives. La Fédération cite en exemple les plans d’effectifs, l’octroi des congés, le perfectionnement, l’aménagement du temps de travail. « Les personnes les mieux placées pour trouver des solutions sont celles qui sont le plus près des problèmes », a souligné M. Boucher.

Enseigner aujourd’hui

Par ailleurs, la façon dont les enseignants et les enseignantes exercent leur métier a beaucoup évolué ces dernières années. Être enseignant, aujourd’hui, c’est non seulement préparer et donner les cours, c’est non seulement procéder à l’évaluation des étudiants, c’est aussi participer individuellement et collectivement à l’évaluation et à la révision des programmes, à l’intégration des technologies de l’information et des communications, etc. Il est très important que la définition de leur tâche dans les conventions collectives soit revue pour tenir compte de ces transformations

La Fédération des cégeps ne remet aucunement en cause la protection individuelle de chaque enseignant, comme la charge d’enseignement, l’horaire de travail ou le nombre de congés annuels par exemple. Toutefois la disposition de la convention collective qui établit un plancher d’emploi pour l’ensemble du réseau et fixe le nombre d’enseignants et d’enseignantes à temps plein pour chaque collège empêche les établissements d’organiser l’enseignement selon les besoins de leurs étudiants. La Fédération souhaite donc que cette disposition soit abolie.

D’un autre côté, l’évolution rapide du marché du travail entraîne des besoins de perfectionnement accrus dans la population québécoise. Pour y répondre, les collèges peuvent désormais concevoir eux-mêmes des programmes courts menant à des attestations d’études collégiales (A.E.C.). Toutefois ils sont souvent dans l’incapacité d’engager rapidement, dans n’importe quel secteur d’activités et à des conditions qui se comparent à celles du marché, les ressources enseignantes dont ils ont besoin. C’est pourquoi la Fédération des cégeps considère que chaque collège devrait pouvoir négocier des arrangements locaux sur les conditions de travail et les conditions salariales des enseignants au secteur de la formation continue.

Une plus grande mobilité

Enfin, selon la Fédération des cégeps, il faut instaurer une plus grande mobilité dans et entre toutes les catégories de personnel. Chez les enseignants, tout en conservant la notion de discipline dans les conventions collectives, il faut pouvoir reconnaître une compétence dans une autre discipline. Pourquoi un enseignant en philosophie mis en disponibilité ne pourrait-il pas donner un cours d’histoire, s’il le souhaite et s’il détient aussi un baccalauréat en histoire? Pour ce qui est des professionnels et du personnel de soutien, pourquoi une travailleuse sociale mise en disponibilité ne pourrait-elle pas enseigner en Techniques de travail social? Pourquoi une secrétaire ne pourrait-elle pas répondre aux appels en l’absence de la téléphoniste? Dans le respect des compétences de chacun, les collèges veulent pouvoir affecter la meilleure personne, au meilleur endroit, et au meilleur moment.

Pas d’objectifs de réduction des coûts de main-d’œuvre

Pour cette première grande négociation depuis dix ans, la Fédération des cégeps n’a aucun objectif de réduction des coûts de main-d’œuvre. Il est bien sûr essentiel, pour elle, de maintenir les effets monétaires des ententes conclues ces dernières années sur la réduction récurrente de ces coûts, mais ses objectifs sont essentiellement pédagogiques : « Les collèges se sont transformés de fond en comble ces dernières années, et ce qui a fait bouger les choses, c’est la société québécoise elle-même, qui est beaucoup plus exigeante envers l’enseignement supérieur. Ce qu’il faut maintenant, c’est donner à chaque collège les moyens d’agir rapidement, localement, de prendre quotidiennement toutes les décisions nécessaires », a conclu M. Boucher. Les cégeps emploient environ 20 000 personnes, dont 15 000 enseignantes et enseignants.

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Source : Viviane Fiedos
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