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Formation de base des infirmières et des infirmiers : le gouvernement a fait les bons choix, selon une coalition de neuf organismes regroupant des acteurs de l’éducation et de la santé

Montréal, le 7 avril 1998 – Neuf organismes du milieu collégial et du milieu de la santé ont affirmé publiquement aujourd’hui, lors d’une conférence de presse, leur appui aux décisions prises récemment par le gouvernement en ce qui concerne la formation des infirmières et des infirmiers : formation initiale au collégial, par le biais du programme de soins infirmiers, spécialisation et perfectionnement à l’université, par le biais du baccalauréat en sciences infirmières. Ces organismes ne comprennent pas l’opposition virulente exprimée au cours des dernières semaines à ces décisions, par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec notamment. Ils estiment que ces décisions viennent clore un débat qui n’a que trop duré et que tous les intervenants concernés devraient s’y rallier. Selon eux, la clarification du rôle des deux ordres d’enseignement, telle qu’elle a été faite par la ministre de l’Éducation et par le ministre de la Santé et des Services sociaux, était indispensable pour qu’une véritable continuité puisse être établie entre la formation collégiale et la formation universitaire.

La conférence de presse réunissait les représentants suivants :

  • M. Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Fédération des cégeps
  • Mme Louise Chabot, présidente de l’Union québécoise des infirmiers et des infirmières
  • Mme France Desrosiers, présidente de l’Association des enseignants et des enseignantes en soins infirmiers des collèges du Québec
  • M. Jean-Claude Drapeau, vice-président à la pédagogie à la Fédération autonome du collégial
  • Mme Rachel Fluet, représentante du secteur des infirmières et infirmiers de la Fédération de la santé et des services sociaux
  • M. Gérald Larose, président de la Confédération des syndicats nationaux
  • M. Marc-André Gagnon, vice-président de la Centrale de l’enseignement du Québec
  • M. Pierre Patry, président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec
  • M. Réginald Sorel, président de la Fédération des enseignantes et enseignants du Québec

Une question de bon sens

Tous ensemble, ces représentants ont rappelé que le modèle retenu par les deux ministres s’appuie sur la grande expertise développée par les collèges dans la formation des infirmières et des infirmiers depuis leur création il y a 30 ans. Le programme de soins infirmiers, un programme de grande qualité, donne à la fois une formation technique et une formation clinique (dans le domaine de la pédiatrie, de l’obstétrique, de la psychiatrie, de la médecine et de la chirurgie entre autres), des connaissances scientifiques de base, une solide formation générale et une expérience du milieu de travail à travers les différents stages effectués par les étudiants. La formation universitaire, quant à elle, donne des compétences en gestion, en planification, en évaluation de programmes de soins et en santé communautaire notamment : ce sont là des aspects plus spécialisés de la profession, que les universités continueront à développer, comme les y invite le gouvernement, conformément à la mission qui est la leur.

Il n’est donc pas question, à travers ces orientations, d’éliminer la formation universitaire pour le personnel infirmier, comme semblent le prétendre les opposants à ce modèle. Tel qu’il est conçu actuellement, le baccalauréat en sciences infirmières reprend en bonne partie la formation donnée en soins infirmiers au collégial. Les diplômés des deux niveaux passent le même examen pour être admis à l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec et il n’est pas rare, dans le milieu de la santé, que l’on engage indistinctement, pour un même poste et des mêmes fonctions, un diplômé du collégial ou un diplômé de l’université. Il y a de toute évidence des recoupements importants entre les deux formations. En clarifiant les rôles, le gouvernement vient confirmer le caractère essentiel des deux niveaux d’enseignement et leur complémentarité dans le domaine de la formation du personnel infirmier. Il y a place et besoin, dans le milieu de la santé, pour des infirmières formées à différents types de fonctions, dans les collèges et dans les universités.

Par conséquent, selon les représentants des neuf organismes, il est tout à fait faux de prétendre que ces orientations risquent d’affaiblir la qualité de la formation et de dévaloriser la profession infirmière. Le diplôme collégial, faut-il le rappeler, est un diplôme d’enseignement supérieur. Le personnel infirmier en place au Québec, très majoritairement formé dans les collèges, jouit d’une grande confiance de la part de la population et d’une grande considération de la part des employeurs (leur taux de satisfaction à l’égard des diplômés du collégial après six mois en emploi est de 92 %). L’autonomie, la polyvalence, la capacité de travailler en équipe et de prendre des décisions font déjà partie de la formation initiale des infirmières et des infirmiers. Ces qualités deviendront de plus en plus importantes, tout comme l’élargissement des compétences scientifiques de base. C’est d’ailleurs pour cela que la révision du programme de soins infirmiers est déjà entreprise.

Des affirmations exagérées

Les organismes présents ont également tenu à corriger les affirmations véhiculées ces dernières semaines sur l’émergence, au Canada, d’une tendance à exiger de plus en plus une formation universitaire pour avoir accès à la profession infirmière. En Ontario et dans les provinces de l’Ouest (sauf le Manitoba), les infirmières et les infirmiers font trois ans d’études collégiales et peuvent, ensuite, suivre une spécialisation à l’université. Dans cinq provinces canadiennes sur dix, l’université est effectivement la voie d’accès à la profession mais, dans quatre d’entre elles (le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve et l’Ile-du-Prince-Édouard), le passage est direct du secondaire à l’université. La « tendance » reste donc à démontrer. Par ailleurs, les infirmières et les infirmiers du Québec, qu’ils aient un diplôme d’études collégiales ou un baccalauréat, peuvent exercer leur profession dans toutes les provinces canadiennes et même aux États-Unis et rien, dans les orientations gouvernementales, ne permet de penser qu’il pourrait en être autrement dans l’avenir.

La formation collégiale en soins infirmiers a très bien répondu, depuis 30 ans, aux besoins du secteur de la santé. Avec le virage ambulatoire, une autre révision de ce programme est évidemment nécessaire afin de l’ajuster aux réalités nouvelles, d’élargir la base scientifique donnée aux diplômes et de renforcer les conditions d’admission au programme si cela s’avère nécessaire. Mais les collèges et les universités doivent surtout travailler ensemble à l’harmonisation de la formation de base et de la formation spécialisée, ils doivent aussi établir ensemble des passerelles pour faciliter le cheminement scolaire des étudiants inscrits dans d’autres programmes, sciences de la nature par exemple, et qui veulent se réorienter vers la profession infirmière. C’est là la meilleure façon, selon les neuf partenaires, de faire avancer la profession infirmière et de continuer à bien servir la population québécoise.

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Source : Viviane Fiedos
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