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Partage d'expertises

Les projets de partage d’expertises désignent l’ensemble des initiatives dans lesquelles les cégeps mettent à profit leur savoir-faire pour appuyer le développement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle à l’international.

Cela comprend notamment des interventions liées à l’élaboration ou à l’adaptation de programmes d’études, à la prestation de formations courtes ou de services aux entreprises, à l’amélioration de la gouvernance, à la création d’environnements d’apprentissage, ainsi qu’à la promotion de l’égalité des genres.

Les faits saillants

93
projets

de partage d’expertises ont été réalisés par les cégeps dans les cinq dernières années.

22
pays

ont été engagés dans des projets de partage d’expertises avec des cégeps.

77
%
des projets

d’expertises ont été réalisés en Afrique, dont 35 au Sénégal, 12 en Tunisie et 11 au Kenya.

18
%
des projets

de partage d’expertises ont été réalisés en Amérique latine.

19
des 35 cégeps

ayant répondu au sondage songeaient à offrir de nouveaux programmes délocalisés dans les trois prochaines années.

L’évolution du partage d’expertises au sein des cégeps

Au cours des cinq dernières années, 18 cégeps (soit 51% de l’échantillon sondé) ont réalisé 93 projets d’expertises dans 22 pays. Après une baisse marquée entre 2010 et 2014 — où le nombre de projets a diminué de 95 à 66 et le pourcentage de cégeps sondés impliqués a décru de 64 % à 52 % — les données révèlent un retour à des activités comparables à 2010 à partir de 2019. En effet, le nombre de projets oscille entre 66 et 92, tandis que le pourcentage de cégeps impliqués se maintient autour de 50 %, avec une légère hausse en 2024 (51 %). Cette tendance traduit une forme de maturité du réseau collégial en matière de coopération internationale, avec des niveaux d’activité relativement stables malgré les aléas contextuels.

Le déploiement du partage d’expertises dans le monde

Le nombre de pays partenaires, bien qu’en net recul par rapport au début des années 2000, tend à se stabiliser depuis 2014, fluctuant entre 22 et 27 pays. Cette évolution pourrait s’expliquer en partie par le resserrement des orientations du gouvernement canadien, principal bailleur de fonds, qui privilégie désormais un nombre restreint de pays prioritaires, notamment en Afrique subsaharienne, et des secteurs stratégiques alignés sur sa politique d’aide internationale en appui aux femmes. Ce cadre plus ciblé a entraîné une réduction de la dispersion géographique des projets, tout en favorisant des partenariats plus durables et structurés dans les zones jugées stratégiques.

Dans les cinq dernières années, le Sénégal a été le pays le plus fréquenté, avec 35 projets, représentant 37,2 % de l’ensemble des projets répertoriés. La Tunisie (12 projets, 12,8 %) et le Kenya (11 projets, 11,7 %) suivaient. Dans l’ensemble, 77 % des projets se sont déroulés en Afrique et 18 % en Amérique latine, ce qui confirmait une tendance déjà amorcée en 2019.

Le Sénégal, la Tunisie et le Kenya figurent en tête de lice des pays prioritaires pour le développement de projets de partage d’expertises, suivis de la Colombie et du Mexique.


Il y a 60 projets en Afrique subsaharienne dans 10 pays différents :
  • Sénégal : 35 projets
  • Kenya : 11 projets
  • Guinée : 3 projets
  • Mozambique : 3 projets
  • Tanzanie : 2 projets
  • Guinée-Bissau : 2 projets
  • Afrique du Sud : 1 projet
  • Mali : 1 projet
  • Côte d’Ivoire : 1 projet
  • Togo : 1 projet
Il y a 13 projets en Amérique latine et aux Antilles dans 5 pays différents :
  • Colombie : 4 projets
  • Mexique : 4 projets
  • Chili : 2 projets
  • Pérou : 2 projets
  • Guadeloupe : 1 projet
Il y a 14 projets en Afrique du Nord et au Moyen-Orient dans 3 pays différents :
  • Tunisie : 12 projets
  • Maroc : 1 projet
  • Liban : 1 projet
Il y a 4 projets en Europe dans 3 pays différents :
  • France : 2 projets
  • Belgique : 1 projet
  • Italie : 1 projet
Il y a un projet en Asie-Pacifique :
  • Chine : 1 projet
Il y a 60 projets en Afrique subsaharienne dans 10 pays différents :
  • Sénégal : 35 projets
  • Kenya : 11 projets
  • Guinée : 3 projets
  • Mozambique : 3 projets
  • Tanzanie : 2 projets
  • Guinée-Bissau : 2 projets
  • Afrique du Sud : 1 projet
  • Mali : 1 projet
  • Côte d’Ivoire : 1 projet
  • Togo : 1 projet
Il y a 13 projets en Amérique latine et aux Antilles dans 5 pays différents :
  • Colombie : 4 projets
  • Mexique : 4 projets
  • Chili : 2 projets
  • Pérou : 2 projets
  • Guadeloupe : 1 projet
Il y a 14 projets en Afrique du Nord et au Moyen-Orient dans 3 pays différents :
  • Tunisie : 12 projets
  • Maroc : 1 projet
  • Liban : 1 projet
Il y a 4 projets en Europe dans 3 pays différents :
  • France : 2 projets
  • Belgique : 1 projet
  • Italie : 1 projet
Il y a un projet en Asie-Pacifique :
  • Chine : 1 projet

Nature des services rendus en partage d’expertises

Les principaux services intégrés aux projets de partage d’expertises par les cégeps en 2024 :

  • Formation des personnes enseignantes ou formatrices (24 %)
  • Perfectionnement des ressources humaines (20 %)
  • Appui à l’élaboration, à la révision et à l’évaluation de programmes d’études (13 %)
  • Reconnaissance des acquis et des compétences (7,5 %)
  • Appui à la gouvernance (5,3 %)
  • Recherche appliquée (5 %)
  • Gestion de programmes (3 %)
  • Adéquation formation-emploi (2,2 %)

Types d’organisations partenaires bénéficiaires des projets de partage d’expertises

La majorité des projets de partage d’expertises ont été réalisés en collaboration avec des partenaires institutionnels locaux, principalement des établissements de formation professionnelle et technique et des établissements d’enseignement supérieur. D’autres types d’organisations ont également été impliqués, notamment des ministères ou organismes gouvernementaux, des ONG ou des associations à l’étranger et, plus rarement, des organisations intergouvernementales ou internationales. Le partenariat majoritaire avec des établissements de formation reflète la nature appliquée de l’expertise collégiale québécoise dans le but de renforcer les systèmes éducatifs locaux. La présence plus marginale des ONG ou d’organisations internationales pourrait indiquer un potentiel à développer dans les projets multisectoriels ou interinstitutionnels.

Le financement et les ressources alloués aux projets de partage d’expertises

Les projets de partage d’expertises varient en taille et en budget. Les données recueillies indiquent que la majorité des projets (60,2 %) avaient une valeur comprise entre 100 000 $ et 500 000 $. Un peu moins d’un cinquième (17,2 %) valaient moins de 100 000 $, tandis que 14 % se situaient entre 500 000 $ et 1 million de dollars. Seuls 8,6 % des projets dépassaient 1 million de dollars.

Sur le plan des sources de financement, la grande majorité de celles-ci sont canadiennes (69,3%), 6 % proviennent du Québec et 14,3 % sont constituées « d’autres provenances.​ Tout comme en 2014 et 2019, le rôle prépondérant de Collèges et instituts Canada (CICan), qui a soutenu 40,7 % des projets, et d’Affaires mondiales Canada, avec 28,6 % des projets soutenus, confirme la forte dépendance du réseau des cégeps aux mécanismes fédéraux pour ses activités de coopération. La présence d’autres bailleurs de fonds, bien que minoritaire, illustre néanmoins la capacité de certains cégeps à diversifier leurs sources de financement, notamment via des partenariats avec des ONG ou des organisations internationales, ou par l’autofinancement dans certains cas.

Principales retombées des projets de partage d’expertises

Les projets d’expertise regroupent un ensemble d’activités internationales qui génèrent de nombreuses retombées pour les établissements, la société québécoise et les partenaires internationaux. Parmi les retombées les plus notables des projets de partage d’expertises identifiées par les cégeps, on note :

57
%

en consolidation de la réputation et du rayonnement de l’établissement​

54
%

en perfectionnement professionnel du personnel enseignant et non enseignant​

54
%

en leviers pour renforcer les capacités des partenaires internationaux​

49
%

en promotion du Québec et de son système éducatif à l’étranger

43
%

en retombées liées à la mobilité ou à l’internationalisation de la formation

40
%

en génération de revenus

Principaux obstacles au développement international​

Les établissements qui souhaitent développer des projets de partage d’expertises doivent surmonter certains obstacles. Lorsqu’interrogés à ce sujet, les cégeps répondants ont mentionné les obstacles suivants :

 

Délocalisation des programmes

La délocalisation des programmes constitue un type d’éducation transnationale dans lequel un établissement conçoit, offre et assure la qualité d’un programme d’études donné dans un autre pays, en partenariat ou non avec une organisation de ce pays. Depuis 2010, les cégeps proposent des programmes de formations complètes menant à l’obtention d’un diplôme d’études collégiales (DEC) ou d’une attestation d’études collégiales (AEC) reconnus au Québec à des personnes étudiantes qui les fréquentent dans leur pays.

L’essor des formations délocalisées en Afrique francophone est directement lié à la mise en place du Programme Québec-Francophonie en formation technique (PQFFT), qui soutient financièrement la délocalisation de programmes d’AEC dans six pays partenaires depuis 2024.

Intérêt pour la délocalisation de programmes

​En 2024, 54 % des cégeps indiquent envisager la délocalisation de nouveaux programmes d’AEC au cours des trois prochaines années, ce qui témoigne d’un intérêt croissant pour l’éducation transnationale.

Retombées de la délocalisation de programmes ​

  • Consolidation de la réputation et du rayonnement de leur établissement (46 %)
  • Promotion du Québec et de son système éducatif (37 %)​
  • Renforcement des capacités des partenaires (40 %)​
  • Levier d’internationalisation de la formation (34 %)​
  • Source de revenus additionnels (29 %)

Principaux obstacles à la délocalisation des programmes

  • Le financement pour le développement (63 %) ​
  • Le manque de ressources humaines disponibles (49 %), ​
  • Le plafond des heures rémunérées (29 %)​
  • L’identification de partenaires internationaux fiables (24 %)​
  • La disponibilité des programmes à délocaliser (11 %)​
  • La mobilisation des départements concernés​
  • La cohérence avec les orientations stratégiques de l’établissement (17 %)