2

LA MOBILITÉ ÉTUDIANTE
ET ENSEIGNANTE

La mobilité constitue l’expression la plus visible de l’internationalisation de l’enseignement supérieur. Elle englobe toutes les activités qui s’appuient sur le déplacement (physique ou virtuel) d’une personne d’un pays vers un autre. Elle comprend notamment la mobilité étudiante et la mobilité professionnelle (personnel enseignant et non enseignant). La mobilité étudiante renvoie à tous les séjours, crédités ou non, permettant aux personnes étudiantes de réaliser un séjour d’études dans un établissement partenaire, un stage en milieu de travail, un stage d’observation, un projet d’initiation à la solidarité internationale ou un séjour linguistique.

La mobilité internationale favorise la réussite éducative, la motivation, le développement de compétences linguistiques, sociales et interculturelles de même que l’employabilité des étudiants.1

 

Les faits saillants

3045
personnes étudiantes

provenant de 39 cégeps ont participé à des activités de mobilité, soit 2,5 % des étudiantes et étudiants collégiaux en 2024, contre 2,5 % en 2019 et 3,2 % en 2014.

46
%
des personnes étudiantes

ayant réalisé un projet de mobilité provenaient du secteur technique (contre 40 % en 2019), et 49,7 % du secteur préuniversitaire (contre 60% en 2019).

44
pays différents

avaient des ententes partenariales avec les cégeps en 2024, dont 14 (pour une proportion de 32 %) sont membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

 

 

802
personnes

membres du personnel enseignant provenant de 39 cégeps ont effectué un projet de mobilité professionnelle en 2024.

57
%
des personnes enseignantes

ayant effectué une activité de mobilité en 2024 étaient issus de l’enseignement technique (contre 45 % en 2019), 25 % de l’enseignement préuniversitaire (contre 40 % en 2019) et 16 % de la formation générale (contre 15 % en 2019).

La mobilité étudiante

En 2024, 3 045 étudiantes et étudiants ont participé à un projet de mobilité internationale. De ce nombre, 2 931 personnes étudiantes étaient inscrites en formation régulière et 114 en formation continue. 49,7  % des personnes étudiantes ayant réalisé un projet de mobilité provenaient du secteur préuniversitaire, 46,5  % du secteur technique et 3,7 % étaient inscrites à la formation continue.

Cette participation est inférieure à celle de 2019 (plus de 4 000 personnes étudiantes) et de 2014 (4 379 personnes étudiantes), mais supérieure à celle de 2010 (2 829 personnes étudiantes). Le pourcentage d’étudiantes et d’étudiants du réseau collégial ayant réalisé un projet de mobilité a donc connu une légère diminution, passant de 2,5 % en 2014 à 2,2 % en 2024.

La mobilité étudiante et les ententes

Signature d’ententes

Les données recueillies nous démontrent que les cégeps maintiennent la diversité de leurs ententes avec d’autres pays. En 2024, les cégeps comptaient 161 ententes de mobilité actives avec des partenaires provenant de 44 pays (45 pays en 2019). Parmi ces ententes, 76 ont été signées avec des partenaires européens, ce qui représente 47 % du total des ententes de mobilité (40 ententes avec la France). Les cégeps ont également de nombreuses ententes de mobilité en Amérique centrale et aux Antilles (une proportion de 22 % des cégeps) et en Afrique subsaharienne (une proportion de 14 % des cégeps). Au total, 83 % de ces ententes ont été conclues avec la France ou avec des pays des régions d’Amérique centrale et Antilles, et d’Afrique subsaharienne.

Les ententes à travers le monde

La mobilité entrante dans le cadre d'une entente

En 2023-2024, 1 167 personnes étudiantes d’un établissement partenaire étranger ont été accueillies par un cégep pour un projet de mobilité dans le cadre d’ententes signées par les 40 cégeps répondants. Des ententes partenariales visant la mobilité étudiante ont été signées avec des établissements et organisations partenaires de 44 pays différents, dont 14 (32 %) sont membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

La mobilité hors entente

Plusieurs séjours de mobilité se réalisent sans le concours de partenaires. La mobilité à l’extérieur d’ententes avait d’ailleurs fortement progressé entre 2005 et 2014. Or, depuis 2019, la tendance continue de s’inverser. En 2019, 31 % des étudiantes et des étudiants participaient à une activité de mobilité dans le cadre d’une entente, contre 18 % en 2014. En 2024, on comptait 1 063 personnes étudiantes des cégeps ayant participé à un projet de mobilité dans le cadre d’une entente, ce qui correspond à 35 % de l’effectif étudiant total ayant participé à un projet de mobilité internationale sortante en 2023-2024.

Les pays dans lesquels les cégeps sondés réalisent le plus de projets de mobilité (avec ou sans entente) sont la France (100 % des cégeps ayant répondu à cette question), la Belgique (48 %), le Mexique (35 %), l’Allemagne (20 %), le Sénégal (13 %), le Bénin (13 %), le Maroc (13 %), les États-Unis (13 %), la Côte d’Ivoire (10 %) et le Pérou (10 %).


Crédit : iStock

Les mesures pour accroître la mobilité étudiante

67 % des cégeps sondés ont adopté, dans les cinq dernières années, diverses mesures afin d’accroître la mobilité étudiante :

  • Promotion de la mobilité : site Web, réseaux sociaux, salons d’information, tournées des classes, etc. (11 cégeps)
  • Le développement de nouveaux partenariats (9 cégeps)
  • L’octroi de nouvelles bourses de mobilité (5 cégeps)
  • L’ajout de ressources humaines visant à soutenir la mobilité (4 cégeps)
  • L’amélioration des politiques, des guides et des procédures internes (4 cégeps)

Le financement de la mobilité étudiante

L’accroissement de la participation des étudiantes et des étudiants aux projets est tributaire du financement de leurs activités de mobilité. En 2024, comme c’était le cas en 2019, 2014 et 2009, les cégeps rapportent que la majorité des personnes étudiantes qui participent à un projet de mobilité s’autofinancent. Après l’autofinancement étudiant, les principales sources de financement de la mobilité étudiante sortante sont la fondation du cégep, l’association étudiante de l’établissement et le cégep lui-même.

Les formations offertes aux étudiantes et étudiants permettent à ces derniers de s’outiller en vue de leur séjour à l’étranger, de s’approprier diverses consignes de sécurité et de mieux se préparer à d’éventuels chocs culturels. En 2024, 79 % des cégeps sondés ont organisé des formations pré-départ auxquelles ont participé 2 288 personnes étudiantes, soit 75 % de toutes les personnes ayant pris part à un projet de mobilité.

En ce qui a trait aux thématiques de ces formations, tous les cégeps ou presque qui ont offert une formation pré-départ traitaient du choc culturel et du choc du retour (100 %), de la communication interculturelle (97 %), de la gestion des risques (97 %), de la santé en voyage (94 %) et des dynamiques de groupe (91 %). Des formations en premiers soins ont également été offertes dans 45 % des cégeps sondés et qui ont offert des formations pré-départ. D’autres thématiques mentionnées par les cégeps incluent les violences à caractère sexuel, la formation linguistique et la connaissance du pays d’accueil.

Plus du tiers des cégeps ayant répondu au sondage (35 %) ont aussi organisé des formations post-retour auxquelles ont participé 505 personnes étudiantes. Il est à noter que, dans 80 % des cas, ces formations étaient obligatoires. Ce type de formation facilite le retour au pays, favorise l’intégration des acquis faits à l’étranger, permet de tirer profit des réseaux établis à l’international et prépare les personnes étudiantes à leur insertion socioprofessionnelle.

La mobilité étudiante peut générer plusieurs retombées pour les personnes étudiantes, l’établissement et la société de manière générale. Plus des trois-quarts des cégeps ayant participé au sondage considèrent qu’elle accroît la motivation scolaire, forme des personnes étudiantes plus ouvertes sur le monde, développe chez elles de nouvelles compétences de même qu’une sensibilité interculturelle accrue. Plus de la moitié des cégeps répondants considèrent que la mobilité encourage l’engagement étudiant, favorise la réussite éducative ains que l’employabilité des personnes étudiantes.

À noter que 28% des cégeps ayant participé au sondage rapportent mesurer les retombées de la mobilité étudiante sortante.

La mobilité enseignante

La mobilité enseignante constitue une forme de développement professionnel misant sur la capacité d’adaptation et l’engagement des personnes enseignantes, tout en favorisant de nouvelles méthodes d’enseignement, l’innovation pédagogique et curriculaire. Ces activités reflètent une forme de coopération internationale et de partage d’expertise qui reposent sur des relations de confiance et de compréhension mutuelle entre partenaires. Elles permettent le développement de nouvelles collaborations et l’actualisation des pratiques.

En 2024, 44 % des cégeps sondés ont adopté des mesures afin d’être plus actifs en matière de mobilité enseignante. Entre 2014 et 2019, ce taux était à 39 %. Ces mesures comprennent :

  • Une meilleure communication et promotion des occasions de mobilité (18 cégeps)
  • Un accompagnement personnalisé et un meilleur soutien aux personnes enseignantes (7 cégeps)
  • Soutien dans l’administration et l’organisation des activités (5 cégeps)
  • Financement et subventions (5 cégeps)

En 2023-2024, 802 personnes enseignantes ont participé à une activité de mobilité internationale. Plus de la moitié (57 %) de celles-ci ayant participé à une activité de mobilité internationale sont issus de la formation technique, 25 % de l’enseignement préuniversitaire, 16 % de la formation générale et 1,4 % de la formation continue.

Obstacles à la mobilité enseignante


Plusieurs obstacles peuvent limiter les initiatives en matière de mobilité enseignante. Ces obstacles incluent les enjeux liés au financement et aux subventions (78 %), les enjeux de disponibilité, de charge de travail et de libération ou de remplacement des personnes enseignantes (73 %). Des établissements mentionnent les coûts élevés de ces projets (7 %), les priorités institutionnelles (5 %), l’immigration (5 %) et le manque de connaissances jugées nécessaires pour développer de tels projets (2 %).

Le financement de la mobilité enseignante

En 2023-2024, 31 cégeps (72 % de l’échantillon) ont indiqué que 481 personnes enseignantes avaient obtenu du financement afin de soutenir leur participation à une activité de mobilité internationale. Il s’agit là d’une progression notable puisqu’elles étaient 367 en 2019, 372 en 2014 et 336 en 2010.

Les formations prédépart offertes aux personnes enseignantes

Des formations prédépart pour les personnes enseignantes ont été organisées par 21 cégeps. 37 % du personnel enseignant ayant réalisé un séjour de mobilité enseignante a d’ailleurs pris part à l’une ou l’autre de ces formations. Parmi les thématiques abordées lors de ces formations, notons :

 

Mobilité du personnel non enseignant

La mobilité du personnel non enseignant des cégeps consolide la réputation de l’établissement à l’international, contribue à la promotion du Québec et de son système éducatif et permet le développement de partenariats stratégiques à l’étranger. De tels séjours de mobilité favorisent le perfectionnement professionnel, permet d’augmenter les inscriptions dans les programmes, de développer de nouvelles pratiques et projets pédagogiques.

En 2023-2024, 100 membres du personnel non enseignant de 27 cégeps répondants ont participé à un séjour à l’international. De ce nombre, 42 étaient des cadres, 39 personnes appartenaient au personnel professionnel, 6 au personnel de soutien et 1 à une autre catégorie; 12 personnes relevaient de la direction de la formation continue (sans que la catégorie de personnel ne soit précisée).