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Position de la Fédération des cégeps sur le projet de modifications au règlement du Régime pédagogique de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire

(telle que présentée dans une lettre adressée le 24 mars 2005 au ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, M. Jean-Marc Fournier)

La Fédération des cégeps, qui avait participé à la consultation sur les propositions de modifications du régime pédagogique du secondaire, en mars 2004, a pris connaissance avec intérêt du nouveau projet de règlement déposé le 9 février dernier à l’Assemblée nationale. La réussite au secondaire étant essentielle pour la réussite en enseignement supérieur, les collèges sont depuis toujours concernés par la préparation adéquate des élèves du secondaire.

Dans l’ensemble, les commentaires de la Fédération des cégeps sont très favorables, puisque le ministère de l’Éducation (MEQ) a tenu compte d’un certain nombre d’éléments sur lesquels elle s’est prononcée l’an dernier, et qui seront évoqués plus bas. Un point important, cependant, suscite notre déception : en effet, même si nous sommes satisfaits de la modification au règlement imposant la réussite d’un cours de mathématiques pour l’obtention du diplôme d’études secondaires (DES), nous aurions souhaité que la mise en oeuvre du nouveau régime pédagogique permette d’harmoniser les exigences d’obtention du DES avec les conditions d’admission au collégial, qui ont été rehaussées en 1997 : le « DES+ » exige en effet la réussite des mathématiques de 5e secondaire, ou de 4e secondaire présentant « un niveau de difficultés comparable », selon le Règlement sur le régime d’études collégiales (RREC).

La Fédération est consciente que la proposition de modification constitue une avancée par rapport au régime pédagogique précédent. Il nous apparaît essentiel, cependant, que le cours de mathématiques requis pour l’obtention du nouveau DES corresponde au minimum à l’actuel « mathématiques 426 ». Si tel n’était pas le cas, cela équivaudrait à une baisse des connaissances exigées pour l’admission au collégial, ce qui nous paraît inacceptable.

Nous avions par ailleurs accueilli très favorablement, l’an dernier, la création d’un itinéraire « appliqué » au sein de la formation générale, conçu pour favoriser l’exploration de domaines professionnels et donc pour appuyer l’orientation des élèves. Une telle voie encouragerait l’exploration du marché du travail et contribuerait à amener plus de jeunes, après l’obtention du DES, vers la formation professionnelle, ce qui de notre point de vue aurait des effets très positifs sur le cheminement de plusieurs d’entre eux. Néanmoins, nous avions exprimé la crainte que cet itinéraire « appliqué » ne soit pas perçu par les élèves comme un deuxième choix de formation générale, mais plutôt comme une voie d’évitement. C’est pourquoi, tout en appréciant l’importance de cette nouvelle possibilité de formation pour les jeunes, nous questionnons les noms choisis pour ces deux voies : itinéraire « régulier » et itinéraire « appliqué ». Le fait de se référer à un itinéraire « régulier » n’implique-t-il pas, effectivement, que l’autre itinéraire est « irrégulier »? Et d’une certaine manière, que les deux voies ne sont pas équivalentes? Il nous semble que l’on risque toujours, ainsi, d’engendrer une perception négative de cette nouvelle voie, et que pour éviter que l’itinéraire « appliqué » ne soit dévalorisé a priori, l’itinéraire « régulier » devrait être rebaptisé. De par leur neutralité, les termes « itinéraire général » conviendraient peut-être mieux? Du moins, les termes choisis devraient évoquer chez les élèves la possibilité d’un véritable choix et d’une offre de formation enrichie et élargie.

Nous avions également proposé que le projet personnel d’orientation (PPO), offert en 3e secondaire aux élèves de l’itinéraire « appliqué », s’étende à l’ensemble des élèves de la formation générale. Nous croyons qu’à ce moment de l’éveil personnel et scolaire des élèves, ils auraient tous avantage à bénéficier de ce type de projet. La confirmation d’être dans la bonne voie ainsi que la découverte d’autres possibilités sont autant de facteurs qui motivent les élèves et qui encouragent leur ouverture sur le monde.

Somme toute, malgré ces ajustements que nous croyons essentiels à l’atteinte des objectifs que le Ministère poursuit à travers la réforme du secondaire, soit de consolider les apprentissages fondamentaux des élèves, la Fédération des cégeps est favorable aux changements proposés au régime pédagogique. Nous sommes heureux, entre autres, de constater que nos propositions ont été retenues en ce qui concerne le type de diplôme qui sanctionnera le nouveau parcours de formation axé sur l’emploi. Celui-ci remplacera l’actuel cheminement particulier visant l’insertion sociale et professionnelle des jeunes (ISPJ) ainsi que les programmes menant à l’attestation de formation professionnelle (AFP). Conduisant soit à un métier spécialisé soit à un métier semi-spécialisé, ce parcours sera sanctionné par un certificat, de sorte qu’il n’y aura pas de confusion possible avec le diplôme d’études professionnelles (DEP), une préoccupation que nous avions exprimée l’an dernier.

Enfin, nous croyons comprendre que le Ministère a tenu compte du contexte collégial en matière d’admission et d’accueil des nouveaux étudiants. Nous insistons sur l’importance que les collèges puissent disposer, au plus tard le 15 février de chaque année, des bulletins de notes cumulatifs de mi-année de 5e secondaire, indiquant les moyennes de groupes, à la fois pour procéder à l’admission des nouveaux élèves et pour dépister ceux d’entre eux qui auraient besoin de mesures de soutien à la réussite.