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AVIS DE LA FÉDÉRATION DES CÉGEPS ET DE CÉGEP INTERNATIONAL
PROJET DE LOI 109

LOI SUR L’OBSERVATOIRE QUÉBÉCOIS DE LA MONDIALISATION
ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC

août 2002

N/R : 2360

3e trimestre 2002
PA-40
Fédération des cégeps
500, boulevard Crémazie Est
Montréal (Québec) H2P 1E7
Téléphone : 514 381-8631
Télécopieur : 514 381-2263
www.fedecegeps.qc.ca


La Fédération des cégeps et son organisme partenaire, Cégep International, ont pris connaissance avec intérêt du projet de loi 109, Loi sur l’Observatoire québécois de la mondialisation. C’est à titre de porte-parole du réseau collégial engagé dans l’internationalisation de l’éducation que nous désirons réagir de façon plus spécifique aux articles 4.3, 4.5, 6 et 21 du projet de loi qui traitent respectivement des missions et fonctions de l’Observatoire, de son organisation et du comité scientifique qui lui sera rattaché.

Une réaction favorable au projet de loi

La Fédération des cégeps et Cégep International accueillent avec satisfaction le projet de loi et saluent cette initiative novatrice, qui permettra aux citoyennes et aux citoyens du Québec de mieux comprendre les enjeux et les effets de la mondialisation dans leur vie de tous les jours. On ne peut que souscrire au concept d’une mondialisation maîtrisée ayant pour valeur fondamentale le respect des droits, de la justice et de la dignité. Par ailleurs, la création d’un Observatoire québécois de la mondialisation viendra soutenir ce que font déjà les collèges pour encourager et favoriser l’ouverture des jeunes sur le monde.

La Fédération des cégeps et le réseau collégial

Créée en 1969 pour promouvoir le développement de l’enseignement collégial et celui des cégeps, la Fédération des cégeps est le regroupement volontaire des 48 collèges publics du Québec – 43 francophones et cinq anglophones. Porte-parole officiel des cégeps, elle défend leurs intérêts communs et les représente pour toutes les questions qui concernent l’ensemble du réseau auprès des instances gouvernementales, des organismes du milieu de l’éducation, du monde du travail, des groupes sociaux, des médias et du grand public.

Les cégeps offrent de l’enseignement postsecondaire à quelque 150 000 jeunes sur tout le territoire du Québec par le biais de 8 programmes d’études pré universitaires et de 130 programmes d’études techniques menant à l’obtention d’un diplôme d’études collégiales (DEC). Sans compter les 35 000 adultes inscrits à l’un ou l’autre des différents programmes de formation continue. De plus, 23 centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT) œuvrant dans autant de secteurs spécialisés sont rattachés à des établissements d’enseignement collégial; ils exercent des activités de recherche appliquée, d’aide technique aux entreprises et d’information. Les cégeps sont présents partout, dans toutes les régions du Québec, et ils sont au cœur de l’activité sociale et économique de leur milieu.

Cégep International, l’expertise des cégeps à travers le monde

Créé en 1993, Cégep International est l’organisme dont s’est doté le réseau collégial afin de promouvoir les cégeps sur le plan international. Il informe les cégeps, suscite des échanges et des partenariats entre les 48 collèges qui en font partie et des établissements étrangers en plus de faciliter la coordination de leurs activités sur la scène internationale. Depuis 1999, Cégep International est étroitement associé à la Fédération des cégeps et à cet égard, bénéficie de la force de tout un réseau.

Les cégeps sont actifs sur la scène internationale depuis plus de vingt ans. Ils ont participé à des centaines de projets et conclu des ententes de coopération en Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe. L’une des missions de Cégep International est de soutenir les collèges qui proposent leur expertise à l’étranger, que ce soit à des établissements de formation, des gouvernements ou encore des entreprises. Pour y parvenir, Cégep International a développé au fil des ans tout un réseau de partenaires dont font partie des organismes tels que l’Agence canadienne de développement international (ACDI), les agences des Nations unies telles que l’UNICEF et l’UNESCO, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque interaméricaine de développement et certains gouvernements étrangers.

Cégep International travaille également de pair avec le ministère de l’Éducation et il intervient sur toute question internationale qui interpelle le réseau collégial. La mission internationale des cégeps étant reconnue par la loi qui les régit, les cégeps ont, entre autres, le pouvoir de conclure des ententes et de signer des contrats de coopération internationale.

Concrètement, pour les jeunes qui fréquentent les collèges publics, les actions de Cégep International se traduisent par des stages à l’étranger, des échanges scolaires ou, encore, l’accueil d’étudiants étrangers. En ce sens, Cégep International collabore avec des organismes tels que l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) et l’Office Québec-Amériques pour la jeunesse (OQAJ) dont les programmes d’échange étudiants permettent chaque année à grand nombre d’étudiantes et d’étudiants de parfaire leurs études ou encore de profiter d’expérience de travail à l’étranger.

Beaucoup reste à faire, cependant : le réseau collégial québécois demeure le parent pauvre de l’accueil d’étudiants étrangers, de même que trop peu d’étudiants québécois profitent de stages d’études ou de travail dans d’autres pays. Les efforts fournis jusqu’à ce jour par les collèges pour s’adapter à la réalité de la mondialisation et répondre de façon adéquate et satisfaisante aux attentes des étudiants devront à cet égard trouver échos dans le financement de la part de l’État. La mobilité des étudiants de niveau collègial pourraient en effet être encouragée par la création d’un programme de bourses pour des stages de courte durée.

Dans les cégeps, l’internationalisation de la formation se vit également par le projet Éducation dans une perspective mondiale et citoyenne (ÉPMC) qui, implanté depuis 1995, a pour but de former des citoyennes et des citoyens responsables et critiques, conscients de l’interdépendance mondiale et prêts à s’engager dans leur communauté. Par le biais d’activités pédagogiques et parascolaires, les jeunes sont ainsi sensibilisés, entre autres, aux enjeux liés à la démocratie, à la pluralité, à la protection de l’environnement et à la justice internationale. Ainsi, les cégeps contribuent à la formation de jeunes ayant les compétences nécessaires pour intégrer une société de plus en plus mondialisée et à qui on doit inculquer cette base de connaissances générales leur permettant de s’ouvrir à la diversité et aux dimensions internationales.

Première recommandation :

En conséquence et compte tenu de l’expertise et des partenariats développés au niveau international par Cégep International et de l’engagement de tout le réseau collégial dans l’internationalisation de la formation, nous souhaitons d’emblée compter parmi les partenaires de l’Observatoire québécois de la mondialisation.

Les cégeps, partenaires pour la diffusion de l’information

Par ailleurs, l’un des objectifs poursuivis par la création de l’Observatoire québécois de la mondialisation, tel que stipulé à l’article 4.3 du projet de loi 109, est d’assurer la valorisation des informations, la diffusion de ses travaux et de mettre en œuvre, dans les diverses régions du Québec, des activités de sensibilisation et d’éducation. En clair, comme l’a déclaré la ministre d’État aux Relations internationales, madame Louise Beaudoin, lors de son intervention devant le Conseil des relations internationales de Montréal, le 10 juin dernier, ce que souhaite le gouvernement par la mise sur pied de l’Observatoire « c’est de favoriser le dialogue, le débat, c’est de créer des passerelles ».

Deuxième recommandation :

En conséquence et compte tenu de l’expérience des collèges en ce domaine, la Fédération des cégeps et Cégep International souhaitent participer à la diffusion et à la réalisation des activités menées par l’Observatoire.

En effet, présents dans toutes les régions du Québec, les cégeps peuvent s’avérer d’importants lieux de diffusion des résultats des travaux menés par l’Observatoire. Des moyens novateurs d’information pourront alors être envisagés : documents multimédia, écrits, site web, conférences, auxquels pourront avoir accès les étudiants dans le cadre d’activités pédagogiques ou encore d’activités de sensibilisation tenues dans les cégeps.

À cet égard, nous offrons à l’Observatoire notre entière collaboration quant à l’élaboration de moyens et d’activités de diffusion – dont les paramètres resteront à définir – à mettre en place dans les cégeps.

L’éducation, un secteur prioritaire

Cet engagement dans l’internationalisation de l’éducation et cette ouverture sur le monde n’en cachent pas moins une forte préoccupation quant au sort réservé à l’éducation publique dans le cadre des négociations de l’OMC, particulièrement celles devant mener à la ZLEA. D’ores et déjà, plusieurs pays ont accepté, dans diverses mesures, de livrer les services d’éducation publique à la concurrence étrangère. Or, le projet de loi présenté par la ministre prévoit la composition d’un conseil d’administration sur lequel siègeront des personnes issues des milieux syndicaux, patronaux, associatifs et communautaires, de la recherche et enfin, quatre personnes issues des domaines particulièrement concernés par la mondialisation. Nous désirons rappeler aux membres de cette commission l’enjeu majeur que constitue l’éducation dans les négociations entourant la conclusion d’ententes sur le commerce international. Déjà, le milieu de l’éducation québécois participe aux discussions entourant l’élaboration d’une position canadienne dans le cadre des négociations sur l’Accord général sur le commerce et les services (AGCS) qui englobent le secteur de l’éducation. En ce sens, il faut sans contredit faire une place au milieu de l’enseignement supérieur dans la composition du conseil d’administration appelé à administrer les affaires de l’Observatoire. Le réseau collégial, grâce à son expertise internationale, à la place qu’il occupe sur l’échiquier jeunesse et à sa présence dans toutes les régions du Québec s’impose comme un acteur privilégié et un partenaire tout indiqué de l’Observatoire québécois de la mondialisation.

Troisième recommandation :

En conséquence et compte tenu des préoccupations des collèges quant à l’internationalisation de l’éducation et aux négociations entourant la place de l’éducation dans le cadre des ententes de libre-échange, notamment la ZLEA, nous recommandons de réserver un siège au réseau collégial sur le conseil d’administration de l’Observatoire québécois de la mondialisation.

Les cégeps, partenaires pour la recherche

Enfin, la Fédération des cégeps et Cégep international souhaitent attirer l’attention des membres de la commission sur l’article 4.5 traitant de la mission et des fonctions de l’Observatoire. Il y est question de la collaboration de l’Observatoire avec des organismes de recherche dont les institutions universitaires et les centres de recherche. Or, il n’y est nullement mention des collèges qui pourtant disposent d’un personnel scientifique hautement qualifié, détenteur de maîtrises et de doctorats. D’ailleurs, l’excellence des travaux de recherche menés par les chercheurs de collège est reconnue aussi bien par la Politique québécoise de la science et de l’innovation que par les différents organismes québécois de la recherche.

Quatrième recommandation :

En conséquence et compte tenu de l’expertise des collèges en recherche, les cégeps souhaitent que l’Observatoire québécois de la mondialisation fasse appel aux chercheurs du réseau collégial.

Conclusion

Les cégeps se soucient de la dimension internationale depuis fort longtemps. Définitivement engagés dans l’internationalisation de la formation et l’éducation de citoyennes et de citoyens du monde, les cégeps s’ouvrent aux cinq continents par, entre autres moyens, la généralisation de l’enseignement des langues et l’intégration de la dimension internationale dans les programmes. Les cégeps ont, de plus, créé leur propre organisme de promotion sur le plan international, Cégep International. Il faudra donc compter sur le réseau collégial, véritable carrefour de la jeunesse et des jeunes adultes de toutes les régions du Québec, qui, sans aucun doute, constitue un acteur tout indiqué pour devenir un véritable partenaire de l’Observatoire québécois de la mondialisation. Une participation active du réseau collégial au sein de l’Observatoire lui permettra de poursuivre sa mission déjà bien entamée de formation de citoyennes et de citoyens du monde.

Par ailleurs, la création de l’bservatoire québécois de la mondialisation témoigne de la volonté du gouvernement du Québec de mieux saisir l’effet de la mondialisation sur la société québécoise. Nous souhaitons que cette volonté se traduise aussi par un ensemble de mesures destinées à favoriser l’ouverture sur le monde de la société québécoise – et en particulier de la jeunesse – par des appuis concrets à des programmes et organismes favorisant l’internationalisation de l’éducation et la mobilité de la jeunesse québécoise.