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Montréal, le 1er février 2021 — À l’occasion de l’ouverture des rencontres d’échanges interordres du chantier sur la réussite du ministère de l’Enseignement supérieur auxquelles elle participe, la Fédération des cégeps a fait état aujourd’hui des résultats des travaux qu’elle mène depuis 2018 dans le but d’accroître la réussite scolaire dans le réseau collégial public.

Ces travaux, qui ont permis notamment d’identifier des groupes d’étudiants présentant plus de difficulté à réussir leurs parcours au collégial, de recenser des pratiques prometteuses dans une dizaine d’établissements ciblés et de valider des pistes d’action à l’aulne des constats de la recherche, déboucheront sur l’élaboration d’un plan d’action soutenant entre autres le déploiement de pratiques à impact élevé dans les 48 cégeps du Québec. Il est bon de rappeler que les cégeps mettent en œuvre, depuis plus de 20 ans, des plans de réussite et différentes mesures pour soutenir la réussite des étudiantes et étudiants. Toutefois, jamais auparavant le réseau collégial public n’avait entrepris une démarche de cette ampleur, s’appuyant sur les résultats de recherches menées en éducation, selon une approche systémique et en soumettant les résultats des travaux à une rétroaction continue du réseau. Par conséquent, les cégeps n’auront jamais été aussi engagés dans une démarche concertée et structurée en matière de réussite, a indiqué la Fédération.

« Notre taux d’obtention d’un diplôme stagnait depuis trop longtemps, autour de 65 %, et ce, malgré les efforts constants des cégeps. Bien sûr, l’évolution de notre population étudiante au cours des dernières années, l’augmentation de plus de 700 % du nombre d’étudiantes et d’étudiants en situation de handicap au cours des 10 dernières années et les répercussions des compressions budgétaires subies au cours de la dernière décennie expliquent en partie ce constat. Toutefois, nous avons décidé d’entreprendre une vaste initiative visant à relever le taux de diplomation, en nous appuyant sur un comité formé de personnes issues de différentes instances de notre réseau et en confiant à une chargée de projet le mandat exigeant de nous guider, sur la base de travaux majeurs réalisés en éducation et dans les cégeps, vers des pistes d’action concrètes. En cours de route, le ministère de l’Enseignement supérieur est venu nous soutenir financièrement, pour ensuite mettre sur pied son propre chantier interordre sur la réussite, que nous alimentons à notre tour. Tous ces efforts devraient nous conduire à agir comme jamais auparavant pour accroître la réussite des jeunes et des adultes, et hausser la diplomation. Bien sûr, cette première étape devra se poursuivre en mobilisant l’ensemble de la communauté collégiale. De plus, il faudra pouvoir disposer des ressources nécessaires pour mettre en œuvre toutes ces pistes d’action et tenir compte du nouveau défi que représentent maintenant les effets de la crise sanitaire sur nos étudiantes et étudiants », a indiqué le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Bernard Tremblay.

Identification de groupes en difficulté

Bien que l’essentiel des actions envisagées aient pour objectif de soutenir la réussite de l’ensemble de la population étudiante des cégeps, un examen des données statistiques a permis à la Fédération d’identifier certains groupes dont les résultats scolaires sont plus préoccupants. Ainsi, les travaux réalisés par la Fédération mettent en lumière que les garçons présentent systématiquement dix points d’écart par rapport aux filles tant si l’on considère leur taux de réussite aux cours que celui d’obtention du diplôme. De plus, un écart significatif d’obtention du diplôme existe entre les jeunes qui affichent une moyenne au secondaire inférieure à 75 % et les autres étudiantes et étudiants. Il en va de même pour celles et ceux qui sont admis sous condition ou qui suivent un Cheminement Tremplin. Finalement, soulignons que le quart des étudiantes et des étudiants inscrits en troisième session n’obtiennent pas non plus leur diplôme même en poursuivant leurs études sur 8 ou 10 sessions selon qu’ils sont inscrits au secteur préuniversitaire ou technique.

Des pistes d’action attestées par la recherche

Par ailleurs, au nombre des pistes d’action résultant des travaux du chantier dirigé par la Fédération — des pistes dont l’efficacité est attestée par la recherche — figure en tête de liste la mise à jour, de façon continue, de la connaissance de la population étudiante, tant à l’enseignement régulier qu’à la formation continue, pour mieux l’exploiter à des fins d’intervention. Assurer la réussite de toutes les étudiantes et de tous les étudiants, et en particulier des groupes en difficulté, à travers le déploiement de pratiques à impact élevé représente également un élément central des actions envisagées. Elles reposent essentiellement sur la qualité de la relation enseignants–étudiants, la diversité des méthodes pédagogiques, les objectifs relatifs à la structuration de l’enseignement et à l’évaluation des apprentissages. Ces pratiques à impact élevé visent à soutenir l’engagement des étudiantes et des étudiants, en permettant notamment de donner du sens à leur projet de formation, et peuvent se traduire par exemple par un apprentissage contextualisé qui offre aux individus des occasions d’expérimenter dans des milieux réels, authentiques ou semi-authentiques, tels que les stages en milieu de travail. Il est aussi essentiel que les services et mesures d’aide liés à la réussite des étudiants jeunes et adultes tiennent compte de leurs besoins, de leurs caractéristiques tout autant que de leurs intérêts et de leurs aspirations. Et la mise à jour régulière des informations relatives à ces caractéristiques est nécessaire pour en assurer le plein effet.

D’autres pistes d’action issues de ce vaste chantier visent à mieux outiller le personnel enseignant. Ainsi, la Fédération propose un ajout budgétaire visant le développement professionnel et l’embauche de 75 professionnelles, professionnels, enseignantes et enseignants pour, notamment, suivre le cheminement des jeunes faisant partie des groupes en difficulté, et pour situer le secteur de la formation continue dans un contexte lui permettant de mieux déployer des mesures de réussite, notamment en l’intégrant aux plans de réussite des collèges et en le dotant de systèmes d’information locaux permettant un accès élargi à des données probantes reposant sur des indicateurs stables et plus nombreux.

Transformations et concertation

Selon la Fédération des cégeps, la réflexion qu’elle a entreprise sur les principaux enjeux associés à la réussite au collégial ainsi que les pistes d’action qu’elle met au jeu sont susceptibles d’amener des transformations importantes tant à l’échelle du réseau collégial qu’à l’échelle de chaque établissement, et viendra teinter la collaboration du réseau collégial public avec le ministère de l’Enseignement supérieur ou d’autres partenaires.

L’ensemble des actions devront prendre appui sur la concertation de tous les acteurs concernés par la réussite dans les cégeps, en premier lieu les enseignantes et les enseignants, mais aussi le personnel professionnel et le personnel de soutien, de même que les représentants des étudiantes et des étudiants. Il s’agit là d’une condition essentielle de succès, au même titre que l’octroi des ressources nécessaires pour mener à terme cette ambitieuse initiative destinée à mieux soutenir les jeunes et les adultes face à la nécessité croissante de détenir un diplôme collégial, a indiqué la Fédération des cégeps.

En conclusion, la Fédération se réjouit de l’intérêt exprimé par la ministre face à cet enjeu et face aux travaux que le réseau collégial a menés et espère que ce vaste chantier mobilisera l’ensemble des acteurs de la société québécoise dans le futur puisqu’il s’agit, ne l’oublions pas, d’un enjeu de société.

La Fédération des cégeps est le regroupement volontaire des 48 collèges publics du Québec. Elle a été créée en 1969 dans le but de promouvoir le développement de la formation collégiale et des cégeps. Elle agit comme porte-parole officiel et lieu de concertation des cégeps, à qui elle offre des services en matière de pédagogie, d’affaires étudiantes, d’affaires internationales, de formation continue et de services aux entreprises, de financement, de recherche, de ressources humaines, d’évaluation de la scolarité, d’affaires juridiques, de ressources informationnelles, de négociation et de relations du travail. La Fédération des cégeps représente les collèges pour la négociation des conventions collectives. 

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RENSEIGNEMENTS :

Judith Laurier

Directrice des communications

Fédération des cégeps

514 381-8631 poste 2337 ; cellulaire : 514 239-2088

Twitter : @fedecegeps