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CÉGEPS ET RÉSEAU DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX : UNE CONCERTATION DE PLUS EN PLUS ÉTROITE

Montréal, le 26 octobre 2010 — La Fédération des cégeps salue l’adoption conjointe par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) d’un cadre de référence destiné à soutenir la collaboration entre les collèges et les centres de santé et de services sociaux (CSSS), dans la perspective de mieux répondre aux besoins de santé et de bien-être des jeunes qui fréquentent les établissements du réseau collégial public.

« Depuis quelques années, notre réflexion sur les manières de mieux contribuer au bien-être des jeunes du collégial faisait ressortir la nécessité d’accroître la collaboration avec le réseau de la santé et des services sociaux, afin d’élargir la gamme des services offerts. Les collèges et les CSSS disposent maintenant d’un outil pour faciliter leur collaboration et assurer la continuité des services, dans le meilleur intérêt de tous les étudiants », a indiqué Mme Claire Sylvain, présidente de la Commission des affaires étudiantes de la Fédération des cégeps et directrice des affaires étudiantes du Cégep de Rivière-du-Loup.

Même si la Rencontre ministérielle sur l’intégration des élèves en difficulté, qui s’est tenue hier, portait strictement sur le primaire-secondaire, il faut savoir que les collèges observent également une hausse très significative du nombre d’étudiants présentant des troubles d’apprentissage ou des troubles de santé mentale.

Un cadre bien arrimé à la réalité des étudiants

Le cadre de référence adopté par les deux ministères tient compte des différentes problématiques de santé présentes dans les cégeps et des facteurs ayant une incidence sur la condition des jeunes. Il s’articule autour de principes reconnaissant notamment que les jeunes de 15 à 24 ans présentent une diversité de besoins sur les plans physique, mental ou psychosocial, et que les collèges constituent un milieu de vie privilégié pour joindre les jeunes de 17 à 24 ans. Il convient aussi que l’état de santé des jeunes du collégial influe sur leur réussite scolaire qui, à son tour, agit sur leurs conditions de santé tout au long de la vie, et souligne que la collaboration intersectorielle est un facteur clé de l’amélioration de l’offre de services sociaux et de santé des jeunes. Il établit par conséquent les responsabilités qui incombent à chacun des réseaux concernés.

Des besoins importants et variés

Par ailleurs, ce cadre de référence prend appui sur le Portrait de santé des jeunes Québécois de 15 à 24 ans produit par la Fédération des cégeps à la suite des travaux d’un comité tripartite Fédération des cégeps-MELS-MSSS sur les services sociaux et de santé offerts aux étudiants du réseau collégial public, formé en 2005.

Parmi les constats de ce portrait, basé sur une recherche documentaire portant sur des facteurs influant sur la santé des étudiants ainsi que sur leurs problèmes de santé, on remarque qu’un bon nombre de jeunes présentent des problèmes de santé mentale, notamment des troubles d’apprentissage, décelés chez 6 % des jeunes âgés de 15 à 19 ans et chez 3,8 % des 20 à 24 ans. Le tiers des jeunes de 15 à 24 ans affichent un niveau élevé de détresse psychologique, et les problèmes de santé mentale les plus répandus au sein de cette population sont les troubles de l’humeur (3,7 % des jeunes de 15 à 24 ans) et les troubles anxieux (4 % des jeunes). Le suicide demeure par ailleurs un phénomène préoccupant puisqu’il représente la deuxième cause de mortalité chez les 15 à 19 ans, et la première chez les 20 à 24 ans.

En ce qui a trait au comportement lié à l’alcool, le portrait indique que les 20-24 ans sont ceux chez qui l’on retrouve la plus forte proportion de consommateurs au Québec (89,2 %) et il en va de même pour la consommation de drogues illicites — le cannabis en tête. Les trois quarts des jeunes Québécois de 15 à 24 ans se disent actifs sexuellement, comparativement à 62 % dans le reste du Canada, et leur première relation a eu lieu à 15 ans en moyenne, alors que cette étape est franchie vers 16 ans et demi dans les autres provinces canadiennes. Parmi les jeunes célibataires québécois et ceux ayant fréquenté plus d’un partenaire au cours de la dernière année, 44 % ne se protègent pas systématiquement, ce qui représente la moyenne la plus élevée au Canada.

« Ces données démontrent la diversité et l’ampleur des besoins et confirment la nécessité de multiplier les collaborations entre les collèges et les intervenants de la santé et des services sociaux, de manière qu’aucun jeune ne soit laissé à lui-même », a affirmé Mme Sylvain.

Un partenariat amorcé… qui pourra être systématisé

Certains cégeps travaillent déjà en collaboration avec un ou plusieurs CSSS de leur région : le Collège Montmorency et le CSSS de Laval, par exemple, ont convenu d’une entente visant à assurer un continuum de services offerts aux étudiants, qui vont de la promotion de la santé et du bien-être aux services d’aide et de réadaptation pour les étudiants en difficulté. Une entente similaire lie le Collège Lionel-Groulx et le CSSS de Thérèse-De Blainville. Des collèges de la région de la Capitale-Nationale — le Cégep Limoilou, le Cégep de Sainte-Foy et le Collège François-Xavier-Garneau — se sont mobilisés pour conclure une entente avec quatre CSSS situés à proximité, et des collèges de Montréal ont également paraphé des ententes avec des centres de santé et de services sociaux. L’adoption du nouveau cadre de référence devrait maintenant permettre à un plus grand nombre d’établissements des deux réseaux de travailler en concertation.

La mise en œuvre des ententes de partenariat entre les cégeps et les CSSS sera soutenue par le Réseau des intervenants psychosociaux (RIIPSO), qui réunit depuis juin dernier les 226 professionnels intervenant quotidiennement auprès des jeunes. Le RIIPSO permet également les échanges entre ses membres sur des problématiques communes et le partage des expertises, ce qui profite à tous les jeunes des cégeps.

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Source : Caroline Tessier, directrice des communications
Téléphone : 514 381-8631, poste 2337
Cellulaire : 514 239-2088