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La Fédération des cégeps réserve un accueil mitigé aux orientations ministérielles sur les cégeps

Montréal, le 17 janvier 2005 – Selon la Fédération des cégeps, les orientations dévoilées ce matin par le ministre de l’Éducation sont en deçà des attentes des collèges et des intentions formulées par le ministre lui-même au cours de la dernière année. «Ce qu’on nous présente aujourd’hui n’est pas un projet de réforme des cégeps. Il s’agit plutôt de simples ajustements à la réforme de 1993», a indiqué M. Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Fédération.

Les cégeps s’attendaient à des mesures pour assurer leur développement durable, renforcer leur appartenance à l’enseignement supérieur et améliorer leurs modes de gouvernance, en lien avec leur propre réflexion et les propos tenus par le ministre lors de la commission parlementaire sur les universités et à l’issue du forum collégial.

Les orientations ministérielles ne répondent que partiellement à ces préoccupations. À titre d’exemple, l’absence de mesures pour renouveler la formation générale, un pan incontournable de la formation collégiale, illustre une certaine incohérence du projet. Les cégeps entendaient, à travers une nouvelle formation générale, ouvrir l’étudiant à d’autres champs du savoir et lui offrir un plus grand choix de cours.

Les orientations sur la gouvernance ne répondent pas aux problématiques soulevées par les cégeps et pourront contribuer à amplifier les difficultés de fonctionnement de leurs instances de gestion. Les cégeps souhaitaient des mesures pour améliorer l’efficacité et favoriser l’exercice plein et entier des rôles et des responsabilités au sein de leurs instances. La Fédération reviendra sur ces questions, notamment, lors de la commission parlementaire à venir.

Des éléments positifs

Bien que le projet n’aille pas aussi loin que l’aurait souhaité la Fédération, il comporte des orientations qui auront pour effet d’accroître l’accessibilité aux études collégiales, de caractériser davantage les programmes et de mieux reconnaître les parcours de formation diversifiés. Les étudiants tireront des bénéfices de ces orientations, ce dont la Fédération se réjouit.

À titre d’exemple, la possibilité d’adapter davantage les programmes d’études permettra à chaque collège d’ajuster la formation aux caractéristiques de ses étudiants et de sa région, à son projet éducatif et aux attentes des universités et du marché du travail. Dans ce contexte d’autonomie accrue, les collèges seront attentifs à préserver la mobilité étudiante à travers la concertation et leur fonctionnement en réseau.

Les orientations sur l’admission permettront de mieux prendre en compte les étudiants dont les profils sont particuliers, qui pourront être admis au cégep si leur formation est jugée suffisante par l’établissement.

Par ailleurs, la possibilité de créer un diplôme de spécialisation en formation technique rejoint l’une des préoccupations de la Fédération. Ce nouveau diplôme, qui couvrira des domaines où une plus grande spécialisation est nécessaire, offrira une réponse adaptée aux attentes du marché du travail et aux besoins de formation des détenteurs du DEC technique.

Enfin, la Fédération accueille avec satisfaction l’annonce d’un financement pour implanter la mesure de reconnaissance de l’engagement étudiant. Cette mesure est le résultat de travaux menés conjointement par la Fédération des cégeps, la Fédération étudiante collégiale du Québec et le ministère de l’Éducation.

Deux conditions de mise en œuvre

Pour pouvoir mettre en œuvre le projet, il faudra d’abord renouveler l’organisation du travail au collégial, ce à quoi fait d’ailleurs référence le document du ministère. Les conventions collectives devront être adaptées aux nouvelles réalités, et il faudra en discuter dans le cadre de l’actuelle ronde de négociation. Il faudra également adapter le financement du réseau collégial public. On ne connaît pas encore tous les effets budgétaires du projet ministériel mais il est clair que le financement des cégeps devra permettre la réalisation des orientations. La question du financement du réseau collégial public demeure, par ailleurs, entière.

Un volet crucial en février 2005

Le projet n’aborde pas la question du développement de la formation technique – un enjeu majeur pour les collèges et le Québec. Cette question doit faire l’objet d’un plan d’action sur la formation professionnelle et la formation technique attendu pour février. Les cégeps estiment que ce plan devra s’appuyer sur une vision claire et prospective, présenter des mesures concrètes pour faire évoluer la formation technique et maintenir l’accessibilité aux études collégiales dans toutes les régions, dans un contexte de baisse démographique. Les créneaux d’excellence, un meilleur arrimage des formations du secondaire et du collégial, les autorisations provisoires de programme et les autorisations partagées entre plusieurs cégeps font partie des propositions déjà formulées par la Fédération pour consolider la formation technique, un secteur où étudient cette année plus de 70 000 jeunes.

Les enjeux d’avenir

Depuis 2000, les cégeps sont engagés dans une réflexion sur leur développement comme réseau, en lien avec les enjeux d’avenir pour le Québec. Ils ont présenté au gouvernement des solutions concrètes pour répondre encore mieux aux besoins de leurs étudiants et pour servir toutes les régions. «Le projet ministériel ne reflète pas la vision d’avenir proposée par la Fédération, ce qui est décevant. Nous croyons qu’il faudra nécessairement y revenir et en débattre dans une prochaine étape», a conclu M. Boucher.

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Source : Caroline Tessier
Cellulaire : (514) 239-2088