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Le Carrefour de la réussite au collégial publie une étude sur la réussite des garçons

Montréal, le 5 juin 2003 – À l’occasion des activités sur la réussite des garçons qu’il organise aujourd’hui dans le cadre du colloque conjoint APOP-AQPC*, le Carrefour de la réussite au collégial, un organisme partenaire de la Fédération des cégeps, rend public un document de réflexion et d’animation sur ce thème. La réussite des garçons est une question préoccupante pour les collèges, qui doivent atteindre d’ici 2010 un taux de diplomation global de 76 %. Or le taux de diplomation des garçons continue d’être moins élevé que celui des filles. Selon les plus récents chiffres du ministère de l’Éducation, pour l’effectif de l’automne 1996, la proportion de garçons qui terminent leurs études préuniversitaires avec un DEC est de 58,2 %, contre 72 % pour les filles. Au secteur technique la même année, la proportion est de 52,9 % pour les garçons, contre 66,6 % pour les filles.

À partir des travaux réalisés ces dernières années par des chercheurs, le Carrefour propose des éléments de réponse à cinq grandes questions.

1. Que signifie la réussite pour les étudiants et les étudiantes de cégep?
La réussite à laquelle l’étudiant ou l’étudiante de cégep aspire n’est pas strictement scolaire. Il s’agit plutôt de « réussir sa vie », ce qui passe par l’affirmation de l’identité personnelle et le développement de l’identité professionnelle. Suivant cette conception de la réussite, la participation aux cours et l’obtention du diplôme ne sont que des moyens de se réaliser. Par conséquent, les garçons qui s’engagent dans leurs études sont ceux qui considèrent leur réussite scolaire comme contributive à leur développement.

2. Quels sont les facteurs expliquant la différence de réussite entre les sexes?
La moyenne au secondaire est l’un des facteurs les plus significatifs de réussite au collégial. Toutefois, si l’on observe l’ensemble des élèves dont la moyenne au secondaire est inférieure à 80 %, les filles présentent des taux de réussite aux cours et de diplomation au collégial qui sont nettement supérieurs à ceux des garçons. Les garçons sont donc moins persévérants que les filles, et il faut en chercher les causes dans leurs attitudes et leurs comportements.

3. Quelles sont les caractéristiques des garçons qui réussissent?
Les garçons qui réussissent consacrent l’essentiel de leurs efforts aux études. Ils réservent moins d’heures au travail rémunéré, consacrent plus de temps à l’étude à l’extérieur de leur collège et recourent plus souvent au soutien de leurs pairs, ainsi que de leurs enseignants et de leurs enseignantes.

4. Pourquoi les garçons « à risque » ne font-ils pas ce qu’il faudrait pour réussir?
Les décrocheurs et les décrocheuses ont en commun d’être indécis face à leur avenir personnel et professionnel. Mais un plus grand nombre de garçons que de filles n’aiment pas l’école. Cela peut s’expliquer par des attitudes et des comportements adoptés dès l’enfance : ainsi, le garçon « à risque » n’a pas développé sa capacité d’action réfléchie, essentielle à l’apprentissage. Le contexte familial et la société ne lui ont pas appris à le faire. Ce garçon ne s’ouvre pas facilement aux enseignants et aux enseignantes — on lui a montré à taire ses émotions et ses sentiments —, ce qui le détourne du soutien que ces adultes pourraient lui offrir. Il s’exprime plus facilement par l’action et dans l’action, et éprouve de la difficulté à traiter avec les figures d’autorité.

5. Que doivent faire les collèges pour aider les garçons à réussir?
À la lumière des éléments qui précèdent, le Carrefour présente les mesures qu’il considère les plus appropriées pour aider les garçons « à risque » à réussir. Parmi celles-ci, on retiendra le tutorat et le suivi personnalisé; une pédagogie active et variée, centrée sur l’action (approche par projet ou résolution de problèmes, par exemple); et des interventions qui s’inscrivent dans un cadre systémique, stratégique, bien structuré et structurant (par exemple, un programme d’études souple, comportant plusieurs cours au choix, suivis selon une séquence flexible, qui contribuera à responsabiliser l’étudiant et à accroître sa motivation).

Des projets pour aider les garçons

Au fil des dernières années, les collèges ont mis en place de multiples activités pour soutenir la réussite de l’ensemble de leurs étudiants et de leurs étudiantes. Parmi les activités qui visent plus particulièrement les garçons, on peut retenir :

  1. des formules pédagogiques originales, par exemple des « entreprises d’entraînement », qui permettent aux étudiants de créer et de diriger leur propre entreprise virtuelle, des camps d’entraînement à la vie collégiale, des stages d’observation, des ateliers et des outils pour les parents et le personnel enseignant;
  2. des projets de tutorat et l’ajout d’heures de cours ou de périodes d’activités en 1re session;
  3. des projets d’encadrement personnalisé pour les garçons « à risque » dans certains programmes techniques.

Le document Réussite des garçons, publié par le Carrefour de la réussite au collégial, est disponible sur demande à la Fédération des cégeps.

* Le colloque conjoint de l’Association pour les applications pédagogiques de l’ordinateur au postsecondaire (APOP) et de l’Association québécoise de pédagogie collégiale (AQPC) se déroule présentement sous le thème La réussite au cœur… du collégial.

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Source : Caroline Tessier
Téléphone : (514) 381-8631, poste 2337
Cellulaire : (514) 381-2263