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Avis de la Fédération des cégeps au ministre de l’Éducation

Le Projet d’énoncé de politique à l’égard des universités n’insiste pas suffisamment sur le rôle complémentaire des universités et des collèges

Montréal, le 29 novembre 1999 – Dans un avis qu’elle vient de transmettre au ministre d’État à l’Éducation et à la Jeunesse, M. François Legault, la Fédération des cégeps exprime une certaine déception au sujet du Projet d’énoncé de politique à l’égard des universités : ce projet ne fait aucune référence à l’importance de susciter, à l’occasion d’une politique gouvernementale, une concertation beaucoup plus grande entre les universités et les collèges, ni au rôle majeur du réseau collégial dans l’enseignement supérieur — une mission qu’il partage avec les universités. L’énoncé lui paraît également très centré sur les notions de performance, d’efficience et de réponse aux besoins économiques, et pas suffisamment sur les préoccupations d’ordre pédagogique comme l’encadrement des étudiants et le contenu des programmes, qui doivent être au cœur d’une telle politique.

Un rôle complémentaire en enseignement supérieur

Les programmes préuniversitaires du collégial et les programmes universitaires doivent être conçus dans la continuité, l’université doit miser sur les acquis du collégial. Les collèges se sentent donc particulièrement concernés par la volonté exprimée dans l’énoncé de politique de faire une plus grande place aux partenaires externes pour la planification des activités universitaires. Toutefois il faut aller beaucoup plus loin et favoriser une véritable concertation entre les deux réseaux. Beaucoup d’efforts en ce sens ont été faits ces dernières années, mais le partenariat joue encore trop souvent à sens unique : les universités participent de plus en plus aux travaux et aux études sur les programmes du collégial, au niveau national et régional, mais elles ouvrent encore très peu leurs portes à des représentants des collèges pour la définition et l’évaluation de leurs propres programmes.

La Fédération des cégeps considère que le ministère de l’Éducation doit assumer un leadership clair à cet égard. Elle suggère la création d’une instance permanente de concertation entre les collèges et les universités qui permettrait aux deux réseaux de développer une approche concertée de l’accessibilité aux études supérieures, de la formation initiale et de la formation continue, du développement et de l’évaluation des programmes, du cheminement scolaire et de la réussite des étudiants. Elle estime également qu’il faut encourager les partenariats entre les enseignants sur le terrain et multiplier les projets concertés entre les chercheurs du collégial et ceux des universités.

Pour ce qui est de la formation continue proprement dite, la Fédération des cégeps a souligné à maintes reprises, comme le fait l’énoncé de politique, les nombreux chevauchements de programmes entre les deux réseaux et le dédoublement inutile de ressources qu’ils entraînent. Et il est urgent, selon elle, d’établir des balises et des critères propres à chacun pour rationaliser l’offre de programmes courts. La Fédération souhaite en outre que les modes de financement de ces programmes soient plus équitables : alors que les universités sont financées selon le nombre d’étudiants, en formation continue comme dans l’enseignement ordinaire, les collèges doivent composer avec une enveloppe fermée et des règles budgétaires complexes pour pouvoir offrir des programmes courts, ce qui les empêche de répondre à tous les besoins.

Les taux de réussite, un enjeu majeur à l’université aussi

Par ailleurs, la Fédération des cégeps souscrit entièrement à l’objectif d’améliorer l’accès au diplôme universitaire et d’augmenter le nombre de jeunes Québécoises et de jeunes Québécois détenteurs d’un baccalauréat, d’une maîtrise ou d’un doctorat. Elle considère cependant que la question des taux de réussite — c’est-à-dire le pourcentage des jeunes inscrits à l’université qui ont effectivement obtenu leur diplôme — devrait être au cœur des préoccupations de l’ordre universitaire, comme elle l’est au collégial, et que l’énoncé de politique devrait en tenir compte.

Elle accueille d’autre part avec réserve la proposition de privilégier certains secteurs d’études par rapport à d’autres pour favoriser l’accès aux études supérieures : l’accent mis dans l’énoncé de politique sur les sciences et les technologies, qui sont extrêmement importantes, pourrait se faire au détriment d’autres domaines, comme les sciences humaines, ce qui n’est pas souhaitable, souligne la Fédération des cégeps.

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Source : Viviane Fiedos
Téléphone : (514) 381-8631
Cellulaire : (514) 953-5983
vfie@fedecegeps.qc.ca