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De nouvelles données publiées par la Fédération des cégeps confirment la situation financière extrêmement difficile du réseau collégial public

Montréal, le 4 mars 1999 – La Fédération des cégeps publie aujourd’hui de nouvelles données sur la situation financière des cégeps : dans un document intitulé La situation financière des collèges … en quelques nouveaux chiffres, elle souligne que la santé financière du réseau collégial, qui a subi de très lourdes compressions au cours des dernières années, a continué de se dégrader, alors que les collèges tentaient de préserver au maximum les services aux étudiants. L’engagement du gouvernement de mettre un terme aux compressions budgétaires et d’assumer les coûts de système dans le secteur de l’éducation dès l’exercice financier 1999-2000, que le premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, a réaffirmé hier dans son discours inaugural, est donc vital. Ces coûts de système représentent environ 60 millions de dollars pour le réseau collégial public.

Dans la spirale du déficit

La première partie du document présente les résultats financiers des cégeps, c’est-à-dire le bilan des revenus et des dépenses de l’ensemble du réseau au cours des deux dernières années, soit 1996-1997 et 1997-1998. Elle permet de constater que, pour la première fois de son histoire, le réseau collégial public n’a pas pu « boucler son budget » en 1996-1997, en dépit de ce qu’il avait prévu, enregistrant au contraire un déficit d’opération de 9,5 millions de dollars. Et que le même scénario s’est malheureusement répété en 1997-1998, avec un déficit réseau de 1 million de dollars.

Il faut ajouter à cela le fait que près de la moitié des collèges (23 d’entre eux) se sont retrouvés dans l’impossibilité de prévoir un budget équilibré pour l’année 1998-1999 et qu’ils ont dû faire adopter des prévisions déficitaires par leur conseil d’administration — une situation que le réseau n’avait jamais connue non plus. Le réseau collégial public, qui a pourtant toujours fait preuve d’une gestion exemplaire, est donc entré à son tour, au cours des deux dernières années, dans la spirale du déficit.

Baisse des revenus et de la dépense par étudiant

Depuis l’année 1994-1995, les revenus globaux des cégeps (subventions gouvernementales et activités autofinancées) ont diminué de 88 millions de dollars (- 7 %) et, entre 1996-1997 et 1997-1998 seulement, de 46 millions de dollars (- 3,6 % en une seule année). C’est là l’effet conjugué des compressions budgétaires et de la difficulté des cégeps de trouver d’autres sources de revenu. Rappelons qu’ils dépendent à 88 % du financement de l’État, qu’ils n’ont pas de pouvoir de taxation et qu’ils ne demandent pas de droits de scolarité à leur population étudiante.

Autre indicateur très significatif, la dépense par étudiant inscrit à l’enseignement ordinaire du réseau collégial public, soit la somme d’argent consacrée à chacun de ces étudiants par le ministère de l’Éducation, a diminué de 11 % entre 1991-1992 et 1997-1998, passant de 7 069 $ à 6 301 $. À titre de comparaison, pendant cette même période, la dépense par élève a diminué de 2 % dans les commissions scolaires, et également de 2 % dans les universités.

Préserver le plus possible les services directs aux étudiants

Dans la seconde partie de son document, la Fédération des cégeps présente les résultats d’une nouvelle enquête sur les effets des compressions budgétaires dans les collèges en 1998-1999, qu’elle vient tout juste de compiler. Quarante établissements y ont répondu. Cette enquête fait ressortir entre autres que, cette année :

  • 76 % des collèges répondants ont dû abolir d’autres postes de cadres, de professionnels et d’employés de soutien
  • 49 % d’entre eux ont dû toucher aux services de la formation continue (diminution de l’offre de cours, réduction des dépenses, etc.)
  • 44 % ont dû réduire à nouveau les dépenses liées au matériel de laboratoire, 20 % au matériel pédagogique
  • 41 % ont dû diminuer encore les services de la bibliothèque et de l’audiovisuel
  • 37 % ont dû réduire à nouveau les dépenses consacrées aux services d’animation socioculturelle et sportive
  • 34 % ont dû fusionner d’autres services
  • Les services d’orientation et de psychologie ont été touchés à nouveau dans 19 % des collèges répondants, l’information scolaire et professionnelle dans 16 % d’entre eux, l’aide pédagogique individuelle dans 11 %

La Fédération des cégeps avait déjà démontré, l’an dernier, les effets extrêmement négatifs des compressions budgétaires sur les services d’orientation et d’aide pédagogique individuelle, sur le matériel de laboratoire, les bibliothèques, les activités sportives et socioculturelles, etc. Conformément à ce qu’ils avaient annoncé, les collèges ont tenté cette année de toucher le moins possible à ces services, qui ont dû toutefois être diminués.

Réinvestir dans l’enseignement collégial

Les données publiées aujourd’hui montrent clairement que toute autre ponction dans le budget des cégeps serait totalement impossible. Bien plus, la Fédération des cégeps estime qu’il faut réinvestir au plus vite dans l’enseignement collégial, et cela quelle que soit l’évolution du dossier des bourses du millénaire. La marge de manœuvre issue du transfert de 1,4 milliard de dollars en provenance du gouvernement fédéral permet à l’État québécois un premier geste en ce sens pour l’ensemble du réseau d’enseignement supérieur, collèges compris. En tout, au cours des cinq prochaines années, la Fédération estime à au moins 250 millions de dollars le réinvestissement nécessaire dans les collèges publics du Québec.

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Source : Viviane Fiedos
Téléphone : (514) 381-8631
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