Communiqués
Mémoires et avis
Textes d’opinion
Autres
2020
2019
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010
2009
2008
2007
2006
2005
2004
2003
2002
2001
2000
1999
1998
1997
janvier
février
mars
avril
mai
juin
juillet
août
septembre
octobre
novembre
décembre
Résultat(s)

Filtres sélectionnés:

Pour équiper le Québec de l’an 2000, nos objectifs en matière d’éducation doivent passer à une vitesse supérieure, affirme la Fédération des cégeps

Montréal, le 13 novembre 1998 – « Même s’ils se réfèrent tous à la société du savoir, les programmes éducatifs des partis politiques ne permettent pas d’équiper le Québec pour les années 2000 » : c’est le constat qu’a fait ce matin, lors d’une conférence de presse, le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Gaëtan Boucher. À mi-chemin de la campagne électorale, et à quelques jours du grand débat télévisé qui doit les réunir, il invite les chefs de parti à se fixer des objectifs plus ambitieux en matière d’enseignement supérieur, qui joue un rôle essentiel pour assurer l’avenir du Québec.

Le D.E.C., un diplôme essentiel pour le plus grand nombre

Pour la Fédération des cégeps, en effet, une société du savoir, qui mise sur la capacité d’innovation des individus et des entreprises, est d’abord et avant tout une société plus éduquée, plus scolarisée. Elle considère par conséquent qu’il faut amener toujours plus de Québécois et de Québécoises à obtenir un diplôme d’études supérieures et que le D.E.C. doit devenir, dans ce contexte, le nouveau seuil à atteindre pour le plus grand nombre. « Le prochain gouvernement du Québec doit absolument inscrire ce nouvel objectif noir sur blanc dans son programme éducatif, et tous les partis politiques doivent s’engager à cet égard », a souligné M. Boucher.

Depuis le début des années 90, au Québec, le nombre d’emplois a augmenté de 21 % pour les détenteurs d’un diplôme d’études collégiales et de 37 % pour les détenteurs d’un diplôme universitaire, alors qu’il a baissé de 16 % pour les diplômés de l’enseignement secondaire ou d’un niveau moindre. « Dans tous les pays industrialisés, l’accès du plus grand nombre à un diplôme d’études supérieures apparaît désormais comme le fondement de la croissance économique », a ajouté le président-directeur général de la Fédération des cégeps. C’est aussi la meilleure façon d’inciter davantage jeunes, non seulement à entreprendre des études collégiales, mais aussi à persévérer jusqu’à l’obtention du diplôme.

Priorité au développement de la formation technique

La croissance économique repose en bonne partie, par ailleurs, sur les secteurs scientifiques et techniques, sur les industries à haut niveau de savoir comme les technologies de l’information et des communications, l’informatique, l’aéronautique, l’industrie pharmaceutique, les biotechnologies et les télécommunications, entre autres. Ces industries ont des besoins grandissants de diplômés des cégeps et des universités, elles connaissent déjà des pénuries à cet égard, il faut donc amener davantage de jeunes dans les sciences et dans les techniques, former davantage de techniciens et de techniciennes.

En dépit de cette évidence, aucun parti politique ne semble se rendre compte qu’il faut assurer le développement de la formation technique collégiale. « Il y a là, a affirmé M. Boucher, un manque de vision qui laisse pantois : la formation technique collégiale est une solution aux pénuries de main-d’œuvre qualifiée, une clé pour la croissance économique. C’est un secteur performant, mais justement : il faut s’occuper de ce qui va bien avant que ça commence à aller mal! »

Et les besoins sont nombreux : dans certains programmes de pointe, les collèges ne peuvent pas augmenter leur capacité d’accueil parce qu’ils manquent d’équipements ou de places dans les laboratoires. Malgré leurs demandes et le soutien de leurs partenaires socioéconomiques, ils ont reçu très peu d’autorisations pour offrir de nouveaux programmes dans des secteurs en pénurie ou en développement. La mise sur pied de formules pédagogiques qui permettent de conjuguer les expériences en milieu de travail avec la formation — stages, alternance travail-études, entreprises d’entraînement — avance trop lentement par rapport aux besoins. Tout comme la réponse aux demandes de perfectionnement et de recyclage de la main-d’œuvre et des entreprises, qui est de plus en plus difficile, faute de moyens.

« Tous ces besoins, ce ne sont pas seulement ceux des collèges, ce sont ceux de la population et de l’économie québécoises, a affirmé M. Boucher. Le développement de la formation technique est une responsabilité sociale et collective, dans lequel le prochain gouvernement doit s’engager clairement. C’est une priorité, et tous les partis doivent le reconnaître. »

Réinvestir dans les collèges

Enfin, la question financière reste cruciale pour les collèges. La Fédération des cégeps a accueilli avec soulagement les engagements du Parti libéral du Québec et ceux du Parti Québécois sur la fin des compressions dès le prochain exercice financier. « Toute nouvelle compression nous aurait placés dans une situation intenable », a rappelé le président-directeur général de la Fédération.

Toutefois cela ne suffira pas à remettre sur pied des établissements déjà trop appauvris. Pour la Fédération des cégeps, le prochain gouvernement doit absolument réinjecter de nouvelles ressources dans les établissements d’enseignement, ce qui pourrait signifier, pour les collèges, au moins 250 millions de dollars d’ici la fin du prochain mandat du gouvernement.

– 30 –
Source : Viviane Fiedos
Téléphone : (514) 381-8631
Cellulaire : (514) 953-5983
vfie@fedecegeps.qc.ca