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Très inquiets devant l’ampleur des difficultés financières des établissements, les représentants du réseau de l’éducation demandent d’une seule voix au premier ministre du Québec de faire de l’éducation une priorité

Montréal, le 13 février 1998 – Dans le cadre d’une démarche tout à fait exceptionnelle, l’ensemble des partenaires du secteur de l’éducation, les représentants et les représentantes des étudiants, du personnel et des administrateurs des trois ordres d’enseignement ont exprimé aujourd’hui au premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, lors d’une rencontre à Montréal, leur extrême inquiétude devant la situation financière intolérable du réseau. La ministre de l’Éducation, Mme Pauline Marois, était également présente à cette rencontre. « Nous avons atteint le point de rupture, au-delà duquel les écoles, les cégeps et les universités ne pourront plus remplir la mission qui leur a été confiée par la société québécoise », ont-ils affirmé. Depuis 1994-1995, les compressions absorbées par le secteur de l’éducation, pour les trois réseaux confondus, s’élèvent à 1,5 milliard de dollars, dont 1 milliard au cours des deux dernières années seulement.

M. Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Roch Denis, président de la Fédération québécoise des professeurs et des professeures d’université, Mme Diane Drouin, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, M. Nikolas Ducharme, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, M. Clément Godbout, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, M. Gérald Larose, président de la Confédération des syndicats nationaux, M. Philippe Leclerc, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, M. Pierre Lucier, vice-président de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, et Mme Lorraine Pagé, présidente de la Centrale de l’enseignement du Québec, participaient à cette rencontre.

Pour pouvoir absorber les dernières coupures budgétaires, les établissements d’enseignement ont dû fournir des efforts considérables. Et même si les effets de ces coupures sont moins visibles à court terme que dans d’autres secteurs, il ne faut pas en sous-estimer la gravité. « Est-il acceptable pour des maisons d’éducation de laisser leurs bibliothèques s’appauvrir? Les listes d’attente pour consulter un conseiller d’orientation s’allonger? De supprimer des ressources professionnelles et techniques affectées au soutien des élèves? De compromettre la capacité de recherche des établissements et par là, tout le système d’innovation technologique? Est-il acceptable de ralentir ou de différer l’implantation des technologies et le renouvellement des équipements de pointe? De manquer de manuels scolaires? De devoir renoncer à l’encadrement et à la coordination de stages en milieu de travail? », ont demandé les représentants du réseau de l’éducation, soulignant aussi l’importance des ressources professorales. Cela au moment même ou les établissements d’enseignement doivent donner suite à la réforme de l’éducation, qui met l’accent sur la réussite de l’élève et la hausse du nombre de diplômes.

En fait, c’est l’avenir de toute une génération, et en bout de ligne de l’ensemble de la société québécoise, qui est en question. Serons-nous bien avancés lorsque nous n’aurons même plus les moyens d’offrir aux jeunes la formation à laquelle ils ont droit? Lorsqu’il sera encore plus difficile de prévenir le décrochage et d’aider les adultes à maintenir leurs qualifications professionnelles? Le gouvernement du Québec, qui a fait de l’emploi sa grande préoccupation, doit faire de l’éducation, un secteur éminemment stratégique, une priorité. C’est par la formation que jeunes et adultes augmentent leurs possibilités d’occuper un emploi et de le conserver. C’est aussi grâce à la qualité de sa main-d’œuvre qu’une société toute entière peut se développer et demeurer compétitive. Le Québec a besoin de diplômées et de diplômés tres bien formés, polyvalents et imaginatifs, et il en aura de plus en plus besoin, si l’on considère l’évolution du marché du travail.

Le Québec a fait beaucoup de progrès en 30 ans pour améliorer l’accessibilité et la qualité de l’éducation. Mais les acquis sont fragiles et il reste encore à faire. Il faut éviter de mettre en jeu la capacité du secteur de l’éducation d’exercer son rôle, et de s’exposer, collectivement, à des reculs significatifs sur le plan social et économique.

Sources : Jacques Bordeleau, Conférence des recteurs et des principaux des universités du Quebec, (514) 288-8524
Roch Denis, Fédération québécoise des professeurs et des professeures d’université, (514) 843-5953
Viviane Fiedos, Fédération des cégeps, (514) 381-8631 poste 383; cellulaire (514) 953-5983
Louis Fournier, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, (514) 383-8032
Isabelle Gareau, Fédération étudiante universitaire du Québec, teleavertisseur : 230-0316
Sandra Hernandez, Fédération étudiante collégiale du Québec, (514) 920-5605
Maroussia Kirska, Confédération des syndicats nationaux, (514) 598-2162
Yves Lanctot, Centrale de l’enseignement du Québec, (514) 356-8888
Denis Pouliot, Fédération des commissions scolaires du Québec, (418) 651-3220

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