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Les cégeps refusent de couper 80 millions de dollars l’an prochain : le réseau a fait sa part et il ne peut pas aller plus loin, affirme la Fédération des cégeps

Montréal, le 19 novembre 1997 – Les cégeps, et leur personnel avec eux, ont fait leur part pour aider le gouvernement à réduire son déficit, mais « trop, c’est trop et il sera strictement impossible d’absorber la coupure de plus de 80 millions de dollars prévue pour l’an prochain », a déclaré ce matin, lors d’une conférence de presse, le président-directeur général de la Fédération des cégeps, M. Gaëtan Boucher. « Un cégep n’est pas une structure administrative que l’on peut indéfiniment dégraisser, c’est un établissement d’enseignement avec des étudiants qui ont besoin de services et de ressources qui leur soient directement consacrées. Nous refusons de leur en enlever davantage, nous devons au contraire nous développer. Le gouvernement doit relâcher sa pression financière sur le réseau collégial public », a-t-il ajouté.

Personnel essoufflé, services diminués

En deux ans, rappelle la Fédération, il y a eu abolition de plus de 700 postes de professionnels, d’employés de soutien et de cadres dans le réseau collégial public. Cette année seulement, près de 400 personnes appartenant à ces trois catégories de personnel ont quitté le réseau, et parce qu’il fallait réduire les coûts de main-d’œuvre, à peine 23 % d’entre elles, c’est-à-dire moins du quart, ont pu être remplacées. « Il n’y a pas de patients étendus dans les couloirs des cégeps, mais il y a du personnel débordé, essoufflé, fatigué d’assumer deux et même parfois trois tâches au lieu d’une », a ajouté M. Boucher.

La Fédération des cégeps a présenté un aperçu des effets des compressions budgétaires et des nombreux départs à la retraite sur l’état des services donnés aux étudiants dans l’ensemble du réseau collégial :

  • Depuis trois ans, le nombre d’aides pédagogiques individuels a diminué de près de 30 %, le nombre de conseillers d’orientation et le nombre de conseillers pédagogiques de près de 40 %, le nombre de techniciens en travaux pratiques de 25 % et le nombre de techniciens en documentation de plus de 15 %
  • Les listes d’attente sont beaucoup plus longues pour avoir accès à des conseils en orientation, en information scolaire et professionnelle et pour tout ce qui concerne le cheminement scolaire; le temps consacré à chaque étudiant diminue, il faut « gérer les urgences »
  • Il y a moins de soutien technique dans les laboratoires pour les étudiants et les enseignants, moins de matériel disponible
  • Les bibliothèques se vident de leurs ressources techniques et professionnelles, on limite les heures d’ouverture, les achats de livres et de périodiques, on ralentit l’implantation des nouvelles technologies de l’information en soutien à l’enseignement
  • Il y a moins de matériel didactique, moins de ressources pour l’audiovisuel et pour l’entretien du parc informatique
  • Les activités socioculturelles ne cessent de diminuer
  • Les cumuls de tâches sont innombrables.

Un réseau sans marge de manœuvre mais bien géré

Les compressions massives ont commencé à s’abattre sur les cégeps au début des années 90 — 70 millions de dollars de coupures entre 1992-1993 et 1995-1996 —, mais ce sont les deux dernières années qui ont été les plus dures : 67,6 millions en 1996-1997 et 68,9 millions cette année. Si la catastrophe a pu être évitée, c’est grâce aux économies réalisées dans les coûts de main-d’œuvre du personnel enseignant en 1996-1997, puis de l’ensemble du personnel en 1997-1998. Malgré les nombreuses réorganisations et fusions administratives auxquelles les cégeps ont procédé pour préserver l’essentiel des services directs aux étudiants, ces services ont été touchés.

Les cégeps ont assumé leurs responsabilités d’administrateurs des fonds publics avec une rigueur exemplaire, a rappelé la Fédération des cégeps. Selon les chiffres mêmes du gouvernement du Québec, leurs dépenses par étudiant n’ont augmenté que de 28 % entre 1986 et 1994, ce qui correspond à la courbe de l’indice des prix à la consommation, alors qu’elles ont augmenté de 37 % dans les commissions scolaires et de 45 % dans les universités. Et leur taux d’encadrement était déjà, en 1995-1996, le plus faible de tout le secteur public : 1 cadre pour 21 employés dans le réseau collégial public contre 1 pour 16 dans les universités et 1 pour 14 dans le réseau de la santé.

Tout cela dans des marges de manœuvre très étroites : les cégeps n’ont pas de pouvoir de taxation, les études collégiales sont gratuites, les frais afférents demandés aux étudiants sont plafonnés à 110 dollars par année, bref, les cégeps, qui sont financés à 88 % par l’État, n’ont pas d’alternative pour faire face aux compressions. Comme 80 % de leur budget sont consacrés à la masse salariale du personnel syndiqué, c’est dans la portion restante, soit environ 220 millions de dollars, qu’ils devraient ponctionner les 80 millions de coupures prévus l’an prochain. Cela revient à dire qu’ils devraient couper plus du tiers des ressources vouées au fonctionnement du collège et surtout au soutien à l’enseignement.

Plutôt que de supprimer des services entiers, les cégeps feraient sans doute le choix de présenter des budgets déficitaires, même si la loi le leur interdit. Mais, selon le président-directeur général de la Fédération des cégeps, « quel choix absurde que celui qui consisterait à créer des déficits pour permettre la réduction… du déficit ».

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Source : Viviane Fiedos
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